6 – Les morales

Publié le par Ya Santal

  Alors que la biologie fonctionne depuis son origine, avec des mécanismes qui ont pour finalité, par le jeu de la sélection naturelle de pérenniser les espèces, dans la culture, de tels mécanismes de survie n’existent pas naturellement. C’est la morale avec ses notions de bien et de mal qui joue le rôle de garde-fous et cette morale est une invention humaine. Ses valeurs sont sécrétées par les finalités que les dirigeants politiques et les chefs religieux assignent à leur société.
  Ainsi, quand l’existence des dieux, des rois, des territoires, des idéologies ou de la richesse est placés au-dessus de celle de la vie humaine, cette hiérarchie engendre des systèmes de  valeur spécifiques qui vont orienter les sociétés, comme autant de gouvernail.
  Aujourd’hui, On observe que dans la multitude des morales qui coexistent, trois types se distinguent par leur influence.
  - La morale laïque issue des droits de l’homme qui place la vie humaine au centre des préoccupations et à laquelle adhèrent les grandes religions.
  - La morale intégriste que certaines religions enseignent et qui sacrifie la vie humaine au nom des dieux.
  - Enfin, la morale de l’argent que l’économie libérale dans sa définition sauvage impose insidieusement et qui méprise la vie humaine au nom du capital.
  Nos sociétés gouvernées par ces morales contradictoires dérivent au gré de leurs influences fluctuantes. Ces trajectoires aléatoires du destin social dont on ressent clairement les nuisances à l’échelle mondiale nourrissent un sentiment d’anxiété amplifié par celui de l’impuissance.
  Si la morale est le gouvernail de la société, il y a urgence à réhabiliter la morale. Le choix consensuel d’une morale orientant les décisions et les actions vers la protection de la vie humaine s’impose de manière impérative. Il est la condition de la maîtrise du destin de notre espèce.
  Pour convaincre et recueillir un large consensus sur cette morale et pour que son enseignement s’impose comme une nécessité, la raison doit la fonder.
La déclaration universelle des droits de l’homme se réfère aux valeurs de la morale de la vie. Qu’est-ce qui les justifie ? les bons sentiments, un idéal plus ou moins utopique ? ou bien plonge-t-elles leurs racines dans la logique créatrice de la nature ?

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