10 - Hiérarchie et autonomie

Publié le par Ya Santal

Le statut individuel du citoyen est généralement le reflet du type d’organisation de la société.
  Dans l’histoire des sociétés, les organisations militaires et démocratiques ont été des enjeux  politiques déterminants pour le statut des citoyens.
Bluffés par la puissance et l’efficacité ponctuelle de l’organisation hiérarchique, des théoriciens ont pensé qu’elle était la forme d’organisation idéale pour les sociétés.
Ils ne manquaient pas d’arguments pour promouvoir ce type d’organisation.
  L’organisation hiérarchique avec ses objectifs précis et ses moyens cohérents, prouve son efficience dans les situations d’urgence. Par ailleurs, sa rigidité structurelle garantit dans la durée, la même application de règles et de lois sur un territoire donné. L’armée, les forces de l’ordre, les secours ainsi que les services de l’état font appel aux qualités de ce type d’organisation.
 Au cours de l’histoire, un grand nombre de responsables politiques et de capitaines d’industries ont ignoré la complexité de la réalité. Ils ont cru qu’en dotant leur société d’une organisation exclusivement hiérarchique, il la rendrait aussi performante qu’une armée conquérante.
  La théorie et l’histoire se rejoignent pour infirmer cette croyance. Sur la durée, pour des raisons structurelles, l’efficacité de l’organisation hiérarchique régresse irrémédiablement. L’adaptation, l’innovation et l’économie de moyens sont des qualités essentielles qui font défaut à l’organisation hiérarchique. Dans la nature, les performances sont constamment améliorées par la sélection naturelle. Dans l’organisation hiérarchique, les mécanismes d’évolution sont d’une extrême lourdeur.
 La dégénérescence des sociétés dotées d’une organisation hiérarchique entraîne un affaiblissement de la protection de la vie des citoyens du fait de la dégradation des conditions économiques et sociales.
  Sur la durée, l’organisation hiérarchique est néfaste aux échanges et par  voie de conséquence nuisible à toutes formes de vie. Les vies biologique, culturelle, économique et financière sont atrophiées sous les contraintes de cette organisation.
  Sa rigidité qui garantit une efficacité ciblée est aussi sa faiblesse. Sur des objectifs plus larges et envisagés dans la durée, ses médiocres résultats s’expliquent aisément.
  Le centre de décision dans une hiérarchie, ne peut répondre précisément aux besoins de chacun de ses membres.
  Face à l’infinité des informations qui émanent du terrain, le centre de décision est dans l’incapacité de les trier et de les traiter efficacement au profit de chacun. Cette rigidité entrave l’adaptation aux conditions d’échanges en constante évolution. Les leçons de l’expérience quotidienne ne sont jamais tirées. L’organisation hiérarchique figée, inadaptable, est incapable d’améliorer sa capacité d’échange.
  Elle est aussi une source de gaspillage considérable par l’inadéquation des moyens mis en œuvre dont l’évaluation précise est impossible face à la quantité et à la fiabilité douteuse de l’information. La réussite par l’exagération des moyens ou l’échec par leur insuffisance dilapide une énergie précieuse.
  Par ailleurs, ce type d’organisation présente un terrain très favorable à la corruption qui contribue à affaiblir son efficacité.
  Dans la concurrence internationale des types d’organisations économiques et sociales, la plus productive s’est naturellement généralisée. Le libéralisme structurellement proche de « l’organisation autonomique » s’est imposée sans guerre sur l’organisation hiérarchique décadent de la société communiste. L’organisation libérale loin d’être un modèle remarquable a apporté néanmoins une prospérité et une amélioration des conditions de vie à des centaines de millions de gens. Elle a rendu aux citoyens l’autonomie naturelle indispensable à leur épanouissement.
  Malheureusement, l’impact désastreux clairement perceptible aujourd’hui, de la morale de cette idéologie, nous fait craindre le pire pour l’avenir.
 

Publié dans Les échanges

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