16 – Plaisir et souffrance

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  Au cours de l’histoire, l’utilité vitale du plaisir a été perçue différemment selon les cultures. Dans les cultures judéo-chrétiennes, la sensation de plaisir s’accompagne le plus souvent d’un sentiment de culpabilité. L’origine de cette altération remonterait à Saint Paul.
  Selon les écrits sélectionnés par les Pères de l’église, Jésus aurait protégé la vie terrestre en multipliant les pains et les poissons. Il aurait manifesté sa préférence pour la vie terrestre en ressuscitant un mort. Il aurait affirmé le bien fondé du plaisir en changeant de l’eau en excellent vin et en fréquentant de près une femme. Cet hédonisme, ce respect de la vie aurait été trahi par St Paul dont les épîtres révèlent un goût morbide pour la souffrance qu’il légitiment comme prix à payer pour  un petit coin de paradis.
  Cette trahison a eu pour conséquence effroyable la justification de toutes les exactions physiques et psychologiques dont l’église fut l’auteur au cours de son histoire. Elle a utilisé la torture pour assurer sa domination au nom de la valeur rédemptrice de la souffrance. La « vie est une vallée de larme » affirme-t-elle. L’homme mauvais dés sa naissance, à cause du péché originel, trouverait dans la souffrance le moyen de se purifier.
  Malgré l’évolution de sa doctrine, l’Eglise catholique perpétue encore aujourd’hui la suspicion à l’égard du plaisir. Sa réserve sur l’emploi du condom, en réduisant la sexualité à sa seule fonction de reproduction nie la valeur morale du plaisir.
  Cette tradition masochiste qui proclame les vertus de la souffrance gratuite s’oppose à la définition morale du plaisir et de la souffrance dans la morale de la vie.
  Selon la morale de la vie, le plaisir et la souffrance sont des valeurs morales fondamentales quand leurs conséquences ne nuisent pas à la vie.
  Cette rectification de la perception morale du plaisir est certainement l’un des défis d’une éducation et d’un enseignement évolués.

Publié dans Les valeurs morales

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