20 - L’art et la morale de la vie

Publié le par Ya Santal

  La morale, le savoir, la technique et le talent sont les quatre dimensions de l’activité humaine.
  La morale détermine l’espace de liberté dans lequel l’activité peut s’exercer par le sens qu’elle leur donne.
  Le savoir est la somme d’information organisée nécessaire à toutes productions.
  La technique regroupe les règles de savoir faire qui permettent aux activités d’exister dans chacun des domaines où les échanges sont possibles.
  Le talent est la capacité d’utiliser la technique et le savoir pour exprimer des émotions.
  L’art est ainsi l’expression de la mise en oeuvre de ces quatre dimensions.
  La qualité d’une œuvre se juge par l’authenticité et la singularité de l’émotion ressentie par l’auteur qu’il arrive à retransmettre grâce à ses connaissances, sa maîtrise technique et son talent en cohérence avec les valeurs de sa morale.
  Ainsi, une œuvre peut être génial et totalement immoral si l’artiste fonde ses valeurs sur une autre finalité que celle du respect de la vie.
  Que faire de ces œuvres qui inspirent du mépris pour la vie?
  Le chef d’œuvre qui trahit l’espèce humaine en inspirant du plaisir avec le mépris de la vie appartient néanmoins au patrimoine de l’humanité. L’œuvre du salaud, chef d’œuvre dans sa facture mais répugnant dans son sens reste néanmoins un objet respectable. Il est un témoignage, une production de la société qu’elle doit assumer. Ce serait une erreur que de l’interdire autant que celle de l’exposer sans aucune précaution. Au de là du mal qu’il peut inspirer, un chef d’œuvre est porteur d’un enseignement qu’on aurait tort de négliger. La reconnaissance des experts signale qu’il s’est créé aux confins  de toutes les maîtrises.
  Le talent exprime une part universelle de l’homme même dans ses œuvres les plus noir. L’ignorer, c’est fermer les yeux naïvement devant une réalité. Censurer une œuvre ou la détruire exprime autant le mépris de cette œuvre que celui de son auteur. Or, aucun être humain ne peut être méprisé  et par conséquent rejeté.
  Nulle ne peut en effet juger un individu dont on sait qu’il est essentiellement le produit d’une hérédité et d’un environnement social. Sa vraie liberté de manœuvre n’est pas si grande. Il doit  faire avec ce que le destin lui a permis d’acquérir. On ne peut pas exiger à chacun de réinventer une science morale que la société aurait omis de transmettre.
  L’attitude sociale la plus respectueuse de la vie envers un individu nuisible doit réunir la compassion, le réalisme et l’assistance. La compassion garde allumée chez le délinquant l’espérance d’une réintégration. Il ne se sent pas rejeté. Le réalisme conduit à prendre des mesures  pour l’empêcher de nuire notamment par son extraction éventuelle de la société. Enfin l’assistance tend à combler ses lacunes affectives, morales et professionnelles afin de lui reconstruire une autonomie respectueuse de la vie en vue de sa réinsertion.
  L’éducation morale dans la confrontation avec l’art, libère l’homme de la censure et le protège des nuisances des œuvres dangereuses.
  Depuis l’age préhistorique, l’homme a trouvé dans l’art une source inépuisable de plaisir. L’art par le soutien à la vie qu’il apporte est une production protectrice essentielle de la vie individuelle et collective. Encore faut-il que l’enseignement et l’éducation ouvrent à la compréhension et à la sensibilité artistique.
  Le rôle de la morale de la vie dans l’art est fondamental car c’est de lui dont dépendent l’ultime valeur d’une œuvre et sa notoriété à travers le temps. La morale de la vie donne aux œuvres le pouvoir magique de transmuer le plaisir en bonheur et celui de les rendre universel.

Publié dans Les valeurs morales

Commenter cet article