22 – Le fondement de la morale de l’argent

Publié le par Ya Santal

  L’argent a été inventé pour se libérer des contraintes du troc. Il est un instrument d’échange. Avec son accumulation dans le capital, il a acquit les propriétés d’un instrument de pouvoir.
  Le pouvoir du capital n’est pas une invention du libéralisme. Le pouvoir politique s’est toujours appuyé sur la richesse qui permettait la possession de la force armée.
Mais le libéralisme a changé la nature de l’argent. D’un instrument d’échange pour protéger la vie, l’argent est devenu une finalité en concurrence avec la vie humaine.
  Cumulant les fonctions d’instruments d’échange et d’ultime objet à accumuler, le rôle de l’argent est passé de l’instrument protégeant la vie en facilitant les échanges à l’objet convoité dont l’accumulation est un projet de vie largement répandu.
  L’organisation financière en devenant le gestionnaire de l’idéal social a soumis la société aux contraintes de sa dévotion. Parce que la finalité de son activité est le renforcement de sa propre puissance, elle est devenue autonome.
  Or une vie autonome, par nature, est adaptative et conquérante. L’argent capitalisé s’est ainsi libéré de toute emprise, exerçant son pouvoir à la seule fin de le renforcer.
  La spéculation en temps réel grâce à la mondialisation et son réseau Internet a permis à l’argent capitalisé d’acquérir un pouvoir planétaire. Ce pouvoir autonome, impersonnel, supérieur au pouvoir politique impose aujourd’hui sa loi à l’humanité.
  La finalité de sa loi est l’accumulation pour le renforcement infini de son pouvoir. La fonction d’échange de l’argent est aujourd’hui assujettie à cette finalité. En acceptant celle-ci, l’activité humaine n’a plus pour objet la protection de la vie, mais le renforcement du pouvoir de l’argent par son accumulation aux dépens de la vie. Cette ultime finalité fonde la morale de l’argent qui a secrété ses propres valeurs dans un système cohérent.
  Le fondement de cette morale donne un sens spécifique à toutes les activités humaines et élève au rang de valeur morale les qualités qui favorisent l’acquisition et l’accumulation de l’argent.
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