25 – La liberté dans la culture de l’argent

Publié le par Ya Santal

  La séduisante liberté dans la culture de l’argent n’est en réalité qu’une marchandise  qui a son prix.
  Le niveau de protection physique et d’épanouissement individuel n’est pas un choix libre. L’alimentation, l’habillement, le logement, l’accès à la culture, les distractions sont directement liés aux revenus du travail. Or le travail dépend d’un marché. Le travail n’est plus une liberté, mais une simple marchandise dont le prix varie en fonction de l’offre et de la demande. Le travail dans la culture de l’argent est détourné de sa fonction originelle qui était de protéger la vie. Cette activité ne se justifie aujourd’hui que par  le profit qu’elle dégage. Le chômeur est jeté à la rue car le profit dans la culture de l’argent est plus important que la vie humaine. Cette culture abolie la liberté de vivre. Elle n‘accorde à l’individu que la liberté de se louer et s’il n’y a pas preneur, la liberté de se résigner à vivre de la charité ou du choix de la mort.
  La richesse est théoriquement accessible à tous. En réalité cet espoir est aussi faible que dans les jeux de hasard. Le système économique libéral actuel pour fonctionner, doit nécessairement structurer la société en une élite de riches et une majorité de pauvres. Même si la frontière entre ces deux camps n’est pas étanche, les places dans le camp envié sont limitées. À l’image du courant électrique dont la puissance dépend de la différence de potentielle et du débit, l’économie libérale tire sa puissance de la différence de richesse entre les riches et les pauvres et du flux financier irriguant le terrain économique. La croissance est ainsi observée dans les pays où précisément l’écart de richesse est important et où le niveau d’investissement significatif.
  La liberté intellectuelle et morale qui s’acquiert avec l’enseignement et l’éducation n’est pas partagée de la même façon selon l’origine sociale. L’accession aux grandes écoles pour les étudiants désargentés n’est souvent qu’un rêve.
  La liberté de pensée qui est une des fiertés des démocraties est limitée par des censures sournoises dans la vie quotidienne de la culture de l’argent. L’absence de référence claire pour développer l’esprit critique favorise l’existence d’une « pensée unique » ou d’un « politiquement correcte ».
  Cette pensée monolithique opprimante s’impose d‘autant plus facilement que les théories contradictoires sont absentes. Issue des valeurs libérales et relayées par les religions et les sectes judéo-chrétiennes, cette pensée puritaine rétrécie le champ de la liberté d’expression des comportements de jour en jour. La morale, la sexualité des mineurs, les sexualités marginales, l’avortement, l’euthanasie et les lacunes des cultures majoritaires sont des thèmes tabous qu’il convient d’aborder avec d’infinies précautions sous peine d’être montré du doigt comme un hérétique. L’évolution de l’arsenal juridique et celui d’un vocabulaire culpabilisant enferment les débats publics dans des analyses stéréotypées.
  La logique de la culture de l’agent conduit l’objectivité et la diversité de l’information à subir une lente et continuelle altération. L’audimat et le profit sont devenus les critères existentiels des médias dont le contenu leur est soumis.
  Ce besoin de plaire et d’attirer le client est motivé par les recettes publicitaires dont le montant varie en fonction du nombre de clients.  Les rédacteurs en chef sont tentés de modifier leur ligne éditoriale pour séduire les publicitaires afin d’assurer leur existence. De leur côté, les publicitaires disposent d’un pouvoir discrétionnaire sur le choix des supports qui équivaut souvent à un pouvoir de vie ou de mort des médias. Ils en usent pour avantager discrètement leurs marques à travers le contenu éditorial.
  La concentration des groupes de presse et audiovisuels contribue à uniformiser et orienter l’opinion. Les propriétaires de ces groupes au nom du profit et de leurs accointances politiques exercent à travers leurs médias une influence politique et morale sans aucun contrôle.
La liberté politique des nations en retard de développement est souvent limitée par le chantage à l’assistance financière qu’exercent sur elles les nations dominantes désireuses de préserver leurs intérêts économiques et financiers. Dans la culture de l’argent, le pouvoir de l’argent asservit les hommes et les nations en réduisant leur liberté au nom du profit.
  De plus, ce pouvoir tend à substituer à la liberté, une addiction au monde virtuel dont la violence et le sexe sont les principaux thèmes. Les médias soumis au profit sont les principaux vecteurs de ce conditionnement juteux.
  Les limites de la liberté dans la culture de l’argent sont définies par le fondement de sa morale, celui de l’accumulation de richesse. Le profit justifie tous les comportements pourvu qu’ils soient profitables.
  Dans la culture de l’argent, la notion de liberté, en l’absence d’une éducation morale, est formatée dans le moule de la morale de l’argent qui renforce sa position et s’impose à la population ignorante avec la force de l’évidence.
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