31 - Les jeux du hasard et les drogues

Publié le par Ya Santal

   Le plaisir est le moteur naturel de la satisfaction de nos besoins et de nos désirs. L’espoir de sa jouissance est une source d’énergie qui alimente l’effort pour le réaliser.
   Sans échange, le plaisir n’existe pas. Sa qualité, sa diversité et sa densité sont directement liées à la richesse de l’échange. Celle-ci réside dans la complexité qui caractérise la nature, les êtres humains et leurs œuvres.
   Toutefois, il est possible d’éprouver du plaisir d’une grande intensité en court-circuitant l’échange humain. Ce plaisir facile mais pauvre, stimule fugitivement la vie en la fragilisant.
   La drogue et les jeux de hasards sont les grands fournisseurs de ce plaisir obtenu sur commande.
   La recherche de ce genre de plaisir fait prendre au jouisseur un double risque : Celui de l’atrophie des échanges et celui de la dépendance. La facilité à éprouver ce plaisir encourage à le préférer à celui des échanges plus riches qui exigent un peu d’efforts. Elle entraîne le consommateur dans une dépendance qui l’incite à l’obtenir le plus souvent possible.
   Dans la culture de l’argent, le jeu est promu car il est un moteur d’échange économiques non négligeable. La loi du marché permet ainsi « d’acheter de l’adrénaline » et de l’espoir comme n’importe quelle marchandise. Dans cet échange, les uns font du profit, les autres dépérissent.
   Le cycle espoir, réalisation, plaisir de la réussite ou simplement plaisir de l’expérience acquise est court-circuité.
   Le plaisir obtenu sans passer par l’aventure de la vie est une trahison de la vie car il la tue à petit feu. Il n’est plus le carburant de l’échange qui alimente l’effort qu’exige la réalisation d’un projet. L’individu renfermé sur lui-même par ce plaisir solitaire, s’abandonne à l’isolement, perd la reconnaissance des autres, sombre insidieusement dans la dépression par l’éloignement des plaisirs riches.
   Les jeux de hasard sont des activités qui procurent un plaisir que la culture de l’argent contraint de rechercher. Responsable des conditions de vie dégradées d’une grande partie de la population, cette culture sait en profiter.
   La solitude, la pauvreté, l’absence de projet de civilisation enthousiasmant privent l’individu des sensations et des émotions qui sont les engrais de la vie. Cette absence engendre de la souffrance et produit des clients aux jeux du hasard, abusés par l’incitation publicitaire et la facilité pour se les procurer.
   Ces loisirs douteux deviennent ainsi des succédanés nécessaires à la survie de gens désœuvrés ou guettés par la dépression. Cette concession fait entrer ces malheureux dans une spirale dont ils ne sortent que rarement indemnes.
   La culture de l’argent à travers les jeux du hasard conforte sa capacité de nuisance envers la vie. Les joueurs persuadés de bénéficier d’un privilège s’adonnent aux jeux du hasard en toute innocence. L’assimilation des valeurs de cette culture les prive d’un jugement critique.
   La Morale de la vie enseignée dés le plus jeune age conditionne au goût du contact avec la réalité complexe. Elle oriente l’action vers les plaisirs enrichissants de la conquête.  Elle fait mépriser les plaisirs obtenus sur commande qui instrumentalisent l’individu et l’asservissent.
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