32 - Le mythe de la beauté

Publié le par Ya Santal

  La beauté d’un être humain au-delà  du plaisir esthétique, suscite un espoir d’épanouissement par les possibilités d’échanges que suggère l’aspect physique. La beauté est une promesse d’échange sensuel. Elle fait espérer chez la personne séduisante des qualités morales et caractérielles de même niveau.
   La beauté physique sans les qualités morales est aussi décevante  qu’un joli porte-monnaie rebondi vide des pièces qui en font sa réelle valeur.
  Les qualités morales garantissent la qualité des échanges indispensables à un épanouissement durable.
  Dans une relation affective, la prééminence des qualités morales sur l’aspect physique est l’assurance de découvrir derrière l’apparence, les clés cachées qui ouvrent les portes du bonheur.
  L’harmonie et la cohérence entre la beauté physique et les qualités morales caractérisent le phantasme idéal que les poètes et écrivains au cours des temps ont transformé en mythes. Mais la quête de ces mythes est une utopie. La beauté physique et la beauté intérieurs  sont rarement jumelles et la recherche aveugle d’un modèle standard conduit le plus souvent à la désillusion. La singularité des besoins de chaque individu appelle des partenaires tout aussi singuliers.
   Le mythe de la beauté physique a de tout temps fasciné les hommes. Dans la culture de l’argent, cette fascination est constamment entretenue par une image de soi fortement idéalisée par les  médias. Cette volonté médiatique est motivée par le juteux commerce de l’apparence.
   Ce culte de la beauté étouffe les aspirations profondes au profit de comportements superficiels.
   La beauté physique est un mythe qui fait rêver. Mais la choisir en délaissant la réalité globale de la personne, c’est préférer le plaisir au bonheur. La culture de l’argent ne nous apprend pas à affronter la réalité. Elle ne nous pousse pas à rechercher derrière l’apparence la beauté cachée, unique et imprévue susceptible de nous combler. Elle préfère les promesses de profit en vantant l’esthétique conventionnelle.
   Ce culte de la beauté commerciale renforce la solitude des consommateurs. Quand toute l’attention est accaparée sur sa propre image, les autres ne sont plus des partenaires potentiels dans une relation d’échange, mais de simples spectateurs.
   La culture de l’argent isole la vie de chacun d’entre nous dans les rôles de mannequin et de spectateurs. Nous vivons dans la solitude de l’artiste soucieux de son propre succès et jaloux de celui des autres.

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