34 - Le rapport de force et la violence

Publié le par Ya Santal

DSC01194-.jpg    La recherche du profit individuel dans la culture de l’argent oppose entre eux tous les acteurs économiques dans une lutte acharnée.
   Même si les législations nationales et internationales en atténuent la rudesse, le rapport de force est le fondement des relations.
   Les plus riches soumettent les plus faibles pour améliorer leurs profits, qu’ils soient travailleurs ou nations en voie de développement. Ce rapport de force facilite l’accumulation de l’argent qui à son tour renforce le pouvoir du possédant. Le rapport de force par sa logique, creuse inexorablement l’écart entre les riches et les pauvres. Ceux-ci pour défendre leurs intérêts ont recours à la violence.
   Le rapport de force est source de violence.
  La culture de l’argent est confrontée à la contradiction d’une violence qu’elle secrète structurellement et d’un ordre public qui lui est indispensable pour son bon fonctionnement. Cette contradiction se manifeste par la condamnation et la répression de la violence dans la société et sa banalisation dans les médias. Le cinéma, la télévision et les jeux virtuels exaltent la violence au point d’en faire l’une des plus importantes sources de plaisir populaires. Cette incohérence a pour effet de légitimer insidieusement la loi du plus fort de la morale de l’argent. Des générations de plus en plus jeunes assimilent cette loi. La violence gratuite, les viols, les hordes sauvages sont l’expression d’une jeunesse éduquée par les médias dont l’influence étouffe celle des parents.
   Par ailleurs, la perception de la légitimité de la violence est influencée par son utilisation dans la défense des plus faibles.
   De plus, l’absence d’éducation morale conduit à une société policière. La répression policière est le seul rempart contre l’anarchie quand la violence n’est pas maîtrisée par l’éducation.
   Enfin, la dérive fasciste est de plus en plus manifeste dans les comportements et les arts. Les jeux télévisés exaltent symboliquement l’euthanasie par la valorisation de l’élimination des plus faibles au mépris de la solidarité. Au cinéma, la fascination des valeurs fascistes conduit les producteurs à financer des films où sont exhibés complaisamment le rapport de force, la puissance de la hiérarchie, l’uniforme, la glorification des chefs, la discrimination, le droit de tuer, des héros criminels et un nationalisme exacerbé. Pour tromper la morale traditionnelle les scénaristes situent généralement leurs héros violents dans le camp du mal. Mais ce dédouanement est hypocrite car la violence constituent complaisamment la matière principale des films. La culture de l’argent structurellement nous conditionne insidieusement à vivre dans une société policière.
   Cette fascination pour les détenteurs de la force est parfaitement visible dans la mode. L’attrait des habits militaires est un des nombreux signes de la réussite de ce conditionnement.
   La morale de l’argent impose à la culture la loi de l’évolution de la nature, la loi du plus fort. L’issue de l’affrontement entre la culture sauvage et la culture de la vie est suspendue à la décision d’une politique d’éducation nationale lucide et efficace.

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