36 - L’économie libérale

Publié le par Ya Santal

DSC01209.jpg   L’économie a pour fonction la production de biens et de services ainsi que l’organisation de leurs échanges.
  La mondialisation et la spéculation instantanée ont radicalisé l’évolution du rôle de l’économie dans le sens opposé à sa vocation. Le service que l’économie rendait à la population en répondant à ses besoins et qui justifiait son fonctionnement est passé au second plan. Le profit et avec lui le pouvoir de l’argent est devenu le principal enjeu de l’activité économique.
   L’économie libérale est définitivement déconnectée de sa finalité d’origine. Elle n’a plus pour rôle de protéger l’humanité en répondant à ses besoins nécessaires. Son autonomie l’a fait exister pour elle-même. Elle n’est plus au service des membres de l’espèce humaine. Au contraire, elle exclut les individus qui ne sont pas à son service. Elle conditionne à consommer des biens et des services souvent inutiles pour conforter son existence.
   Le consommateur est enfermé dans un cercle vicieux. Il n’a d’autres choix que de travailler toujours plus, et pour soutenir l’économie, il doit faire preuve de civisme en obéissant aux injonctions des chefs politiques à consommer davantage sous le regard envieux des exclus.
   L’économie libérale poursuit le destin de toute organisation autonome qui est de renforcer indéfiniment son existence. Elle existe pour elle-même au mépris des hommes et de l’environnement.
   Le libéralisme a répondu à la satisfaction des besoins au de-là de toutes espérances. La consommation de masse confirme sa capacité à faire profiter au plus grand nombre des productions industrielles. En revanche, ces résultats s’obtiennent en épuisant les richesses naturelles de la terre et en produisant une pollution dont tous les experts affirment qu’elle va rapidement et profondément modifier les conditions de vie sur la planète. La disparition de nombreuses espèces vivantes devrait s’amplifier tandis que l’espèce humaine pourrait bien à terme rêver au passé comme d’un paradis perdu tant il risque de souffrir de cette évolution.
   L’optimisme des libéraux suscité par la perspective des nouveaux marchés dus à l’élévation du niveau de vie de pays très peuplés plonge les écologistes dans l’effroi. L’industrialisation de ces pays annonce une pollution catastrophique.
   Les peuples obsédés par la consommation sont les spectateurs passifs de leur déclin qu’ils préparent activement par leur volonté effrénée de consommer.
   La consommation de marchandises industrielles est devenue la raison de vivre de nos contemporains. Le plaisir fugitif qu’elle procure exaspère l’avidité d’un bonheur jamais atteint. Il entraîne l’individu dans une démarche d’achat compulsive. Le cycle production, pollution, consommation, pollution voit son rythme s’accélérer avec le pouvoir d’achat et la frustration que la culture de l’argent entretient.
   En organisant le pillage de la planète et en fonctionnant dans le mépris d’une grande partie de l’espèce humaine, l’économie libérale avec ses règles actuelles, conduit l’humanité vers des lendemains difficiles.
   Lorsque le rapport de force est la règle, la défense des intérêts vitaux est un risque de confrontation violente entre les nations. La pénurie des matières premières prévue dans les décennies à avenir pourrait constituer, avec la morale de l’argent, une cause de conflits destructeurs.

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