38 - L’argent dans l’économie libérale

Publié le par Ya Santal

DSC01210.jpg    L’argent est le sang de l’humanité. Il est une liquidité qui irrigue le tissu économique, un support devenu indispensable à la réalisation des échanges. Sa carence rend exsangues des régions sans perspective de développement.
  Dans l’économie actuelle, l’argent circule dans quatre circuits distincts dont chacun a une fonction propre.
   Le premier est constitué par les flux qu’engendrent les producteurs et les consommateurs. Avec les revenus du travail et les dépenses de consommation, les acteurs économiques satisfont leurs besoins propres. Ces échanges s’autorégulent grâce à la liberté que leur autonomie leur accorde.
   Le deuxième circuit est celui de la fiscalité. Il a pour mission, en prélevant une partie des flux du premier circuit, de faire fonctionner les services publics et de réaliser les investissements qu’ils exigent.
   Le troisième circuit est alimenté par l’épargne. Il se présente comme un réservoir financier dans lequel puisent les acteurs économiques à l’aide d’emprunts. Ce circuit sert d’accélérateur du circuit primaire en le suralimentant grâce aux prêts.
   Enfin, le dernier circuit est celui de la spéculation. À l’image d’une centrifugeuse, l’économie expulse inexorablement une partie des flux du premier et du troisième circuit vers celui de la spéculation. L’argent accumulé y circule sans produire de valeur. Ce circuit accapare une masse financière en augmentation constante en asséchant le circuit primaire.
   La spéculation détourne l’argent de sa mission d’échange vers un pouvoir dont la seule finalité est sa croissance infinie. Ce pouvoir fou perturbe l’économie.  Par son indépendance de la réalité économique et de tout projet moral, l’argent se joue de la valeur du travail humain considéré comme une marchandise. L’influence dominatrice des émotions de quelques opérateurs dans la cotation boursière souligne le mépris dans lequel le travail est perçu. La valeur du travail dépend ainsi de stratégies qui excluent toute notion protectrice de l’individu. La capitalisation est devenue une aspiration quasi mystique qui obsède les individus moulés dans la culture de l’argent. La dévotion envers la richesse n’a d’égal que l’indifférence envers les vies exploitées et sacrifiées sur l’autel du profit.
   Dans l’économie libérale, l’argent irrigue très inégalement les populations. En revanche, il circule abondamment entre les varices spéculatives sans passer par le corps social.
   La demande est un indice concret pour valoriser les entreprises dont l’offre lui correspond. Mais la valorisation des entreprises par le marché financier n’est pas toujours en correspondance avec leur valeur réelle. Les délais entre les investissements et la capacité à produire font fuir les spéculateurs ce qui a pour effet de dévaluer l’entreprise au moment où elle a le plus besoin d’être épaulé.
   La divergence des fondements moraux de la morale de l’argent et ceux de la morale de la vie se cristallise dans la spéculation.
   L’organisation des flux financiers dans la culture de l’argent est en parfaite cohérence avec son fondement moral. Elle suscite un phénomène de rejet de l’économie libérale chez les humanistes qui ne veulent pas comprendre le réel enjeu. L’économie de marché n’est pas une exclusivité de l’idéologie libérale. Son accaparement actuel n’est pas seulement le fruit de l’histoire. Il est la conséquence de l’aveuglement fanatique des idéologies de gauches qui la rejettent et leur enlève toute perspective de maîtrise que leur conféreraient des réformes judicieuses.
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