38 - La propriété

Publié le par Ya Santal

DSC01190.jpg    Dans l’actuelle organisation du monde, la survie des personnes dépend des échanges que seul l’argent autorise. L’organisation économique gère l’acquisition de l’argent par le travail, sa disponibilité temporelle par la propriété et sa répartition par la valeur accordée au travail.
   Le fondement de la Morale de la vie nous rappelle que toutes les inventions humaines qu’elles soient d’ordre culturel, politique, économique ou juridique, n’ont d’autres raisons d’exister que la protection directe ou indirecte de toutes les vies humaines.
   Le droit à la propriété illimité d’une minorité entre en contradiction avec la morale de la vie.
   Certes, le droit à la propriété est un corollaire de l’autonomie relative. L’autonomie de décision exige une autonomie de moyens quelle que soit sa forme. La propriété garantit cette autonomie.
   Dans la culture de l’argent, la propriété est acquise par l’effort individuel et transmise en partie aux descendants. Cette règle a assuré la stabilité de l’économie mais avec pour effet pervers une amplification des écarts de richesse. Dans sa pratique actuelle, le droit à la propriété conduit vers l’exclusion d’une partie de la société.
   Cette exclusion a pour origine un droit à la propriété qui n’est pas égal au droit au travail. La propriété est un droit inaliénable du propriétaire à l’opposé du travail qui n’est qu’une marchandise dont la valeur et l’existence dépendent du marché et non d’un droit appliqué. Cette situation a pour conséquence un déséquilibre grandissant dans la répartition des richesses. Le capital est garanti au contraire du travail portant nécessaire à l’accumulation. Le capitaliste est protégé par la loi tandis que le droit au travail inscrit dans la loi est très mal appliqué.
   Les conséquences morales de ce déséquilibre sont aggravées par l’idée que la propriété est un droit qui exclut toute responsabilité que confère le pouvoir qu’il représente. Les propriétaires peuvent concentrer entre leurs mains un potentiel de protection sans commune mesure avec  leur propre besoin.
   Il serait légitime de penser que chaque homme soit co-propriétaire de l’univers accessible à l’espèce humaine. Évidemment, la diversité des compétences et des projets de vie individuels ne justifie pas d’accorder à chacun le même pouvoir d’usufruit de cette propriété. Le moine, l’illettré, l’artiste, le scientifique et l’homme d’affaire ne sont pas animés des mêmes ambitions personnelles et ne possèdent pas les mêmes compétences de gestion.
   La notion actuelle de propriété est au cœur d’une confusion entre l’usufruit et la propriété. Dans la Morale de la vie, l’usufruit  accorde à chaque individu un usage des biens en fonction de ses compétences. Il est assortis d’une responsabilité de gestion que lui donne la co-propriété de son bien avec le reste de l’humanité.
   Dans la culture de l’argent, cette propriété accorde un droit d’usage de la fortune dans une totale liberté, assorti d’aucun devoir moral. L’absence de responsabilité morale et légale chez le propriétaire d’une fortune lui attribue de fait un droit de vie ou de mort sur les populations qui sont privés du surplus de richesse entre les mains d’une minorité.
   L’insouciance du propriétaire maintient des vannes financières fermées sur lesquelles il dispose d’un pouvoir absolu qui est aussi légal qu’illégitime. En privant des tissus économiques d’une irrigation financière vitale pour leurs populations, il s’octroie une supériorité qui établit une relation de type maître à esclave, pourtant dénoncée dans la déclaration des droits de l’homme.
   L’organisation financière et économique dans la culture de l’argent favorise l’accumulation de fortune individuelle et la définition actuelle de la propriété légalise la non-assistance à personne en danger.

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