39 – Rémunération et valeur morale du travail

Publié le par Ya Santal

DSC01203.jpg   Le travail a la double fonction de produire des biens et des services utiles et à la collectivité et de fournir les moyens nécessaires à la protection de la vie du travailleur.
   Dans la culture de l’argent, le montant de la rémunération n’est pas déterminé par la valeur protectrice des produits ou des services engendrés par le travail, mais par celle que lui accorde le marché. Le rapport entre l’offre et la demande fixe les prix aussi bien des marchandises que des rémunérations, tout au moins dans le secteur privé.
   Un travail représentant un haut niveau de valeur protectrice, sans profit commercial immédiat espéré, reçoit une rémunération beaucoup plus faible que celui dont le produit est une œuvre superficielle mais générant beaucoup de profit. On constate ainsi un déséquilibre flagrant entre les rémunérations des productions utiles et celles des productions superficielles. Les revenus des stars ne correspondent ni à la compétence ni à l’utilité protectrice de leur production. Le déséquilibre des rémunérations se retrouve dans les vocations aux métiers utiles et ceux qui le sont moins.
   À l’opposé, les dirigeants des grandes entreprises bénéficient de revenus exorbitants qui ne risquent pas de susciter des vocations concurrentielles. Ces postes sont réservées à une élite fermée. Leur niveau de rémunération semble déterminé par une appartenance à une classe aristocratique imbue de sa supériorité.
   L’argent dans cette culture ne joue pas un rôle de stimulation favorisant le travail protecteur. Bien au contraire, les valeurs  morales dans cette culture stimulent les activités à profit, et celles d’exhibition de la puissance, dédaignant celles qui touchent à la protection de la vie des populations, de leur épanouissement et de la pérennité de l’espèce humaine.

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