42 - La souffrance mystique

Publié le par Ya Santal

DSC01166.jpg   Au nom d’une croyance religieuse, l’expiation, la mortification, les sacrifices corporels ou mentaux et toutes les souffrances volontaires ou infligées relèvent d’une conception qui  instrumentalise l’homme en objet magique doué d’un pouvoir surnaturel. L’idée que l’homme peut par la souffrance exercer un pouvoir à distance s’inscrit dans une représentation magique du monde.
   Dans l’ignorance des lois de la nature et du fonctionnement humain, pour faire accepter l’insupportable souffrance humaine, les chefs religieux lui a attribué un pouvoir de purification de soi et de sauvegarde pour autrui. Il perpétuait ainsi la tradition millénaire de la croyance dans le pouvoir d’accomplissement du symbole. La souffrance agirait à l’image du feu qui purifie.
   La souffrance acceptée à cause de son pouvoir supposé actif s’est transformée au fil du temps en un outil magique désiré. Le goût pour le pouvoir magique a institué la souffrance volontaire en tant que méthode active d’évolution individuelle et collective. Certaines religions ont désigné cette mortification comme une volonté divine. Cette souffrance capitaliserait la reconnaissance des dieux au profit de l’individu et du groupe.
  Ce goût pour la souffrance va à l’encontre de l’épanouissement de la vie.
   La lutte contre la souffrance mobilise chez le patient une grande quantité d’énergie mentale qui n’est plus disponible pour les échanges ordinaires salutaires à la vie. C’est pourquoi, dans la Morale la vie, seule la souffrance causée par l’effort est acceptable. Dans ce cas, elle n’est pas une finalité qui remplacerait celle de la Morale de la vie, mais le prix à payer pour réussir un projet protecteur.
   La souffrance de l’effort gratuit  et est en soi un projet puisqu’il apporte à la santé physique et mentale des bienfaits  qui ne sont plus à démontrer. Les étudiants et les sportifs courageux sont des bénéficiaires de la souffrance causée par l’apprentissage et l’entraînement régulier.
   En revanche, aux souffrances involontaires, la Morale de la vie nous presse de trouver une parade à l’aide des progrès de la science pour les apaiser. Quant aux souffrances sacrificielles, elle nous informe que selon la théorie des échanges, elles relèvent de l’ignorance ou de la morbidité.
   Cette vision masochiste de la vie confortée par les religions judéo-chrétiennes et nuisible à la vie trouve un accueil dans la culture de l’argent conforme à une morale qui se moque de la vie.

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