43 - L’amour mystique

Publié le par Ya Santal

DSC01187.jpg    L’amour mystique peut présenter le risque d’altérer les échanges avec l’entourage. Lorsque la confiance envers le surnaturel se double de la soumission, la protection de la vie humaine peut ne plus être l’ultime sens de la vie. Dans ce cas, le mystique devient un ennemi potentiel dont il est prudent de se protéger.
   L’histoire a retenu les noms de mystiques considérés comme des exemples. Certains d’entre eux apparaissent plutôt comme des ennemis de la vie. Leur prosélytisme pour un mode de vie destructeur par l’exaltation de la mortification, du goût de la souffrance, de la solitude et leur volonté de criminaliser le plaisir sans discernement situe leurs convictions hors du champ de la Moral de la vie.
   Le danger de l’amour mystique est flagrant lorsque le respect du dieu est supérieur à celui de la vie humaine. Il fait courir le risque d’une soumission aveugle acceptant les mutilations et le meurtre au nom d’un dieu.
   Les adhérents à une théorie religieuse ou laïque prônant le meurtre au nom d’une idée sont des ennemis de l’espèce humaine. Tuer un être humain au nom d’un dieu relève de la plus haute trahison de l’espèce humaine. La tolérance envers une foi religieuse ou une conviction philosophique trouve sa limite précisément dans leur respect absolu de la vie humaine, un respect qui ne peut être inférieur à celui du dieu dont on se réclame.
   Les religions ou philosophies dont le respect de la vie n’est pas clairement défini comme leur fondement moral, sont légitimement ressenties comme potentiellement dangereuses. Afin de protéger les fidèles ou les adhérents des effets discriminatoires que la suspicion peut inspirer envers eux, les responsables religieux et les prédicateurs devraient affirmer clairement leur adhésion au fondement de la Moral de la vie et aux valeurs qui en découlent. Au de là des croyances, ce devrait être une exigence politique. Celle-ci consoliderait la paix sociale et faciliterait la coexistence de cultures diversifiées dans un Etat laïc.
   L’amour mystique fanatique à l’instar de toute forme d’amour exclusif altère les échanges vitaux et peut être considéré par son excès comme une perversion. La Moral de la vie place l’échange humain au-dessus de tout car il est infiniment plus riche que celui que l’on peut avoir avec les mythes, les animaux ou les choses.
   Toutefois, cette relation excessive ou fanatique est rarement un choix naturellement consenti. Il est le plus souvent une adaptation à la discrimination sociale et aux frustrations qui en découlent. L’éducation empirique, mal maîtrisée, parfois totalement irresponsable, produit dans la formation de certains individus des carences qui les isolent dans une solitude douloureuse. La frustration qui en découle, qu’elle soit affective, sexuelle, intellectuelle ou religieuse engendre des comportements d’échanges réducteurs. Ceux-ci par compensation se manifestent dans l’idolâtrie animale ou mystique.
   L’amour renfermé sur des animaux ne présente pas de grands risques pour la société. En revanche, l’amour fanatique pour des idées peut faire naître des vocations à toutes sortes d’aventures sanguinaires sensées libérer. Les promesses exaltantes de sectes et de courants religieux fanatiques attirent les frustrés comme la lumière attire les moustiques. Ces naïfs s’y brûlent ou sont piégés dans l’aveuglante tromperie.
   L’équilibre mental du citoyen dépend de son adhésion absolue au fondement de la Morale de la vie. La maîtrise de cette morale éviterait à nombres d’entre eux des errements désastreux dans des groupes aux idéologies douteuses.
   C’est le rôle de l’Etat que d’ancrer les cultures de la nation sur une morale unique, celle de la morale de la vie. C’est la fonction de l’enseignement et de l’éducation aussi bien familial que public que d’initier au mode d’emploi de la vie.
   L’aggravation des inégalités d’éducation se réduira lorsque « l’Education nationale » ajoutera à sa mission d’enseignement générale, celle de l’enseignement de la science morale et de l’éducation dans la Morale de la vie.
   La notion de liberté mal définie dans la culture de l’argent conduit vers une impasse quand il s’agit d’obtenir un consensus sur le rôle de l’Etat dans l’éducation et le choix de la morale à enseigner.

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