47 – La morale dans l'éducation et l'enseignement

Publié le par Ya Santal

DSC01193.jpg    Le rôle d’une société à l’instar de tout organisme vivant qu’il soit biologique ou culturel est de pérenniser son existence. Il est correctement rempli lorsqu’il répond aux besoins de ses membres.
   Les sociétés modernes déçoivent les citoyens qui voient monter les inégalités et la violence. L’ignorance morale de la classe politique et des contre pouvoirs explique cette déception.
   La distance qu’a prise la société moderne par rapport à l’éducation révèle un aveuglement de l’intelligentsia face aux réussites de la science et de ses applications. Cette confiance, irresponsable parce qu’elle oublie le rôle fondateur de toute culture, de toute civilisation, conduit la société vers le pire des avenirs.
   La vie humaine s’est allongée. Le champ de la liberté avec les communications et les télécommunications s’est accru pour une part importante de l’humanité non plus par la guerre, mais grâce à la recherche.  La paix a gagné nombres de nations autrefois ennemies parce que la richesse aujourd’hui dépend moins  de l’expansion territoriale que des échanges commerciaux facilités par la mondialisation.
   Par ailleurs, les échecs des idéologies volontaristes dont le communisme est le dernier exemple historique, ont renforcé l’idée que les problèmes de société trouveraient leur solution non plus grâce aux théories, mais plutôt dans la liberté économique et dans les progrès de la science. L’évolution prodigieuse de la médecine, de toutes les formes de communication, de l’agriculture et de l’industrie ont contribué à surestimer la capacité de la science à améliorer le sort des citoyens.
  L’efficacité des traditions morales religieuses et républicaines, par leur inertie, a masqué pendant un temps les lacunes d’une éducation et d’un enseignement exclusivement orientée vers la formation professionnelle. Elle a nourri la lâcheté politique face aux problèmes politiques que poses l’éducation morale à l’école. Au nom de la paix sociale, et par facilité, l’éducation a été laissée à l’initiative de la famille et des institutions religieuses.
   L’abandon aux familles de cette responsabilité par les Etats explique les difficultés relationnelles qui surgissent, en s’amplifiant, dans nos sociétés.
   La diversité des traditions philosophiques et religieuses, la disparité de leur ancrage familiale et l’influence de la culture de l’argent modèlent une jeunesse aux valeurs hétérogènes. La cacophonie culturelle qui s’ensuit, par manque de cohérence, déstabilise les sociétés qui ont oublié le sens moral
   Le désarroi face à l’absence de certitude renforce l’individualisme prôné par l’économie libérale. Les citoyens ne sont plus des partenaires, mais des adversaires potentiels isolés.
  Cette situation crée les conditions d’une désagrégation de la civilisation contemporaine. L’impression que plus personne ne maîtrise quoique ce soit est vérifié par l’inefficacité de la volonté, même exprimée au niveau international, de résoudre ensemble les problèmes de pérennité de l’espèce humaine. La pollution et la violence pourrissent le biotope et la biosphère de la planète terre sous les yeux de leurs auteurs impuissants.
   Le déficit éducatif dans les démocraties occidentales se traduit par la décadence. La jeunesse défavorisée ignorante du sens de la vie et des règles qui l’épanouissent inscrit instinctivement son existence dans le rapport de force. Incapable d’établir une relation de confiance avec le reste de la société, une partie des moins intégrés de nos concitoyens en augmentation constante, s’affirme comme une force potentiellement ennemie. Quel que soit le respect que peuvent leur témoigner l’autorité politique ou policière, elle manifeste l’agressivité de l’animal sauvage qui refuse le contact avec la civilisation. Leur violence gratuite sous prétexte d’un refus politique de l’ordre établi, exprime en réalité une volonté tribale de reconnaissance par l’affrontement physique.
   Un retournement de situation deviendra possible lorsque la morale sera au cœur de l’éducation et une matière à part entière à enseigner. Bien évidemment, cette éducation et cet enseignement n’enrichiront pas les pauvres dont la souffrance est la conséquence d’une organisation économique et sociale dévoué au culte de l’argent et qui ne sait pas partager équitablement la richesse. Toutefois, en modelant les jeunes à vers plus d’adaptabilité, la pratique de la morle facilitera leur insertion dans la société elle-même plus adaptable à l’environnement mondial.
   Cette capacité d’adaptation se traduira par une meilleure assimilation des valeurs bénéfiques de l‘économie libérale. Elle s’exprimera tout autan par un rejet des règles en contradiction avec le fondement de la morale de la vie et par une volonté unie de les faire évoluer.
La perte du sens du bien commun disperse les efforts individuels rendant impossible leur regroupement pour un combat unitaire en vue d’une évolution de règles économiques et financières nationales et internationales vers plus d’équité.

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