48 – L’apprentissage

Publié le par Ya Santal

DSC01180.jpg    Pour comprendre l’absolue nécessité de l’éducation, il faut examiner les mécanismes de l’apprentissage.
   L’apprentissage suit un processus inverse de la création du monde. L’univers s’est créé à partir d’éléments simples et s’est complexifié pour atteindre notre réalité d’aujourd’hui. À l’inverse, le cerveau perçoit d’abord cette réalité aboutie d’une façon globale pour ensuite par l’expérience et la réflexion, en découvrir les coulisses jusqu’à l’infiniment petit ou l’infiniment grand.
   Le mouvement initial de l’univers a permis l’échange qui a produit des éléments complexes à partir d’éléments simples. Pour que cette complexification soit possible les éléments devaient bénéficier d’une qualité particulière, essentielle à l’existence de notre univers, celle de la durée, donc de la stabilité. Un édifice ne peut durer sans la stabilité de ses briques. Il en va de même pour l’édifice culturel individuel qui se construit sur la mémorisation de chacun de ses éléments.
   Pour faciliter la compréhension du mécanisme de l’apprentissage on appellera duron un élément ou ensemble d’éléments autonome et durable constituant l’univers. Ce duron peut prendre la forme d’un objet ou  d’une propriété. Un atome, une molécule, une planète, la lumière, l’attraction, tous ces objets ou propriétés durables sont des durons qui se définissent par leur singularité.
   Alors que la création de l’univers est un processus de production de durons, l’apprentissage est un processus de détection de durons.
   Le cerveau possède une faculté essentielle qui est celle de détecter la similitude dans la répétition des perceptions. Cette répétition renforce leur mémorisation. Ces perceptions répétées acquièrent ainsi une forme d’autonomie par la durée et la stabilité que la mémoire leur octroie. Ces perceptions mémorisées sont de véritables durons virtuels qu’on désigne sous l’appellation de schèmes.
   Le cerveau presque vierge du nouveau-né enregistre après sa naissance, grâce à leur répétition, des durons élémentaires comme la nuit, le jour, le mouvement, des formes, des odeurs. Ces schèmes sont les premières briques de son édifice culturel.
   Avec le temps, les premiers schèmes élémentaires constituent des arborescences de schèmes que la répétition de leurs associations a construites. Ainsi la perception de la mère pour le bébé est d’abord un duron arborescent constitué du duron forme qui bouge et du duron plaisir.
Petit à petit, se recrée dans le cerveau une image du monde de plus en plus complexe.
   À l’insu de l’individu, le subconscient enregistre les constituants du monde. Avec ses objets et ses lois, la rationalité du monde s’imprime dans l’esprit humain. Ainsi, les lois de la nature sont déjà dans le cerveau humain, avant d’être énoncé par les savants. Grâce aux symboles qui nomment les schèmes, la raison humaine extrait de son cerveau la représentation scientifique du monde.
   On comprend pourquoi le contact avec la réalité et son expérimentation est si important pour le développement individuel. La prise directe des sens sur la réalité est la condition nécessaire et indispensable pour la maîtrise de l’homme sur son environnement. Malheureusement, au nom de la recherche du profit, dans la culture de l’argent, les consommateurs sont encouragés à s‘immerger dans des  mondes virtuels réducteurs plutôt qu’à s’enrichir au contact avec la réalité qui contient toutes les lois du monde. De cette façon, la culture de l’argent accomplit insidieusement son œuvre d’asservissement. L’ignorance et le conditionnement passif sont les chaînes de l’esclavage moderne.
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