49 - La complexité de l’apprentissage

Publié le par Ya Santal

DSC01171.jpg   Une connaissance nouvelle suscite naturellement le désir de son acquisition à condition que son utilité soit évidente et que l’effort de son apprentissage soit inférieur au plaisir de ses bienfaits espérés.
   Cette relation entre le plaisir et l’effort détermine l’efficacité de l’acquisition intellectuelle. Elle est subordonnée à l’expérience et à la maturité des mécanismes de l’assimilation.
   La compréhension et la mémorisation mettent en œuvre des mécanismes qui s’appuient sur des enchaînements réflexes de facultés mentales.
   Ainsi, une bonne mémorisation enchaîne des réflexes d’attention, d’observation et d’association. Ces enchaînements de facultés mentales réflexes sont assimilables aux routines informatiques. Elles se déclenchent automatiquement au moment opportun, sans effort en temps normal. Qu’un des chaînons d’une routine fasse défaut et son efficacité est réduite, voir anéantie. Ces routines absentes ou incomplètes expliquent les difficultés scolaires de certains enfants dont le potentiel intellectuel élevé ne se révèle que beaucoup plus tard, lorsque ces routines se sont formées ou complétées.
   Le désintérêt de certains enfants pour les études ou pour certaines matières est souvent le signal de l’existence de ces lacunes qui rompent la continuité des routines mentales. Ces déficiences obligent l’élève à de pénibles efforts qui pourraient être réduit si on prenait la peine de détecter ces handicaps pour les éliminer.
   Le processus d’assimilation d’une morale relève du même processus d’acquisition. La qualité de l’éducation associée à des expériences plus ou moins heureuses crée un système de valeur propre à chaque individu. Ces valeurs s’inscrivent dans une arborescence hiérarchisée qui va déterminer la valeur morale des comportements. Les lacunes dans cette structure contamineront les valeurs potentielles qui en dépendent. Ainsi des maltraitances enfantines pourront ultérieurement par un effet d’autoprotection altérer tous les comportements avec l’entourage, en les situant systématiquement dans un rapport de force.
   L’objet de la pédagogie n’est pas seulement d’expliquer, d’offrir des exemples et d’inviter à suivre des modèles. Il est une traque des lacunes individuelles et une volonté de contribuer à les éliminer dans un esprit de confiance à l’aide du conditionnement de l’éducation.
   La condamnation d’un délinquant à toute forme de souffrance par la punition revient à le punir deux fois. Une première fois, pour la faute qu’il a commise et une deuxième fois, en lui faisant payer la souffrance d’être né dans un environnement défavorable qu’il n’avait pas choisi et qui l’a conditionné en parti à commettre des nuisances.
   La liberté fondamentale de l’homme induit la responsabilité, essence de notre dignité. La frontière entre la responsabilité individuelle et collective est difficile à préciser. La vraie dignité réside dans le partage de la responsabilité. Elle ouvre la voie à l’efficacité pédagogique par la reconnaissance de l’origine sociale des problèmes individuels et par la volonté d’un effort commun pour les résoudre, en dehors de tout esprit de vengeance et de maltraitance. L’isolement du délinquant ne se justifie que pour protéger la collectivité. Il ne devrait durer que le temps de la rééducation. Les condamnations infligées par les tribunaux sont des peines qui relèvent davantage du châtiment et par conséquent de la torture, que de la rééducation. La puissance de l’efficacité de l’éducation morale est totalement évacuée des préoccupations des décideurs politiques.

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