50 - Liberté et apprentissage

Publié le par Ya Santal

DSC01183.jpg   L’aptitude pour le cerveau humain à la représentation symbolique des schèmes est à l’origine de l’autonomie humaine par rapport à son environnement.
   La représentation du schème par un « schème-symbole » crée dans le cerveau, parallèlement à la représentation virtuelle du monde par les schèmes, une représentation symbolique du monde perçu, aux propriétés spécifiques.
   Le schème est l’image d’une réalité perçue par les sens tandis que le symbole est l’image d’un schème et non l’image de la réalité elle-même. Il possède la propriété d’être exprimable par un sens.
   Le schème appartient au langage du subconscient, tandis que le symbole appartient au langage du conscient.
   À la différence des schèmes, le langage est autonome par rapport à la réalité. Cela lui donne des caractéristiques spécifiques. Il est manipulable et transformable à volonté. Grâce aux symboles, on peut imaginer que c’est la terre qui tourne autour du soleil et non l’inverse comme les schèmes nous le font percevoir.
    Le schème est une image de la réalité perçue. Une mauvaise perception de la réalité introduira des schèmes erronés dans le subconscient. Le langage des mots, grâce à la rationalité est en mesure de rétablir la vérité d’une réalité mal perçue.
   Lorsque la pensée ne dépend que des schèmes, elle est instinctive et prisonnière d’une perception imposée. L’animal incapable d’une représentation symbolique ne peut remettre en question cette perception. Il est prisonnier d’une pensée naturelle quasi biologique. On retrouve chez l’être humain cette pensée naturelle qui se manifeste sous forme d’une compréhension instantanée qu’on appelle l’intuition.
   Avec la pensée symbolique, au contraire, la réalité perçue peut être interprété, analysé et raisonné. Cette distance par rapport à la réalité perçue caractérise l’autonomie de l’homme et fonde sa liberté. Cette pensée culturelle, propre à la conscience, le différencie de l’animal prisonnier de ses perceptions.
   La liberté est ainsi apparue avec les symboles. Elle s’est élargie avec la complexification des langages. Leurs transmissions de génération en génération s’effectuent par l’apprentissage. Cela explique pourquoi l’apprentissage est la condition incontournable pour accéder à la liberté culturelle.
   Toutefois, l’apprentissage n’est pas seulement un enseignement institué et un conditionnement social. La vie est aussi une école où l’expérience est un apprentissage complémentaire fondamental.
   On peut regretter la trop grande immersion des jeunes dans les mondes virtuels. La richesse de la représentation du monde est totalement déterminée par la richesse des perceptions de la réalité. L’atrophie de l’expérience vécue est certainement une des raisons qui expliquent la docilité moutonnière des jeunes générations envers une évolution dont le sens leur échappe ou au contraire leurs réactions intempestives face au contrainte de l’adaptation. La capacité à s’adapter à la réalité exige une parfaite perception de celle-ci.
   La liberté culturelle se différencie de la liberté naturelle dont jouit l’animal par son champ d’application découlant non pas des sens, mais  du niveau de l’apprentissage. Elle se distingue aussi par son autonomie par rapport aux perceptions.
   Ainsi l’apprentissage des sciences et les expériences de la vie élargissent le champ de la liberté tandis que l’apprentissage de la morale à pour fonction de le limiter  afin de préserver l’épanouissement de la personne et la pérennité de l’espèce. L’oubli de l’utilité de l’apprentissage de la morale est une lacune désastreuse qui explique en partie certains disfonctionnements de nos sociétés.

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