52 - Education et enseignement de la morale

Publié le par Ya Santal

DSC01159.jpg    La Morale de la vie est beaucoup plus efficace lorsqu’un enseignement intellectuel complète le conditionnement de l’éducation.
   L’éducation est l’apprentissage de la pratique de la morale. Reçue dans la prime enfance, elle constitue un conditionnement qui a pour avantage une pratique sans effort pour le reste de l’existence parce qu’elle  est ressentie comme étant d’origine naturelle comme peut l’être la pratique d’une langue maternelle. L’assimilation précoce des valeurs polarise la construction culturelle de l’individu pour le restant de la vie en lui donnant un sens moral quasi définitif. Toutefois ce conditionnement ne garantit pas une vie morale. Il est comme l’apprentissage très jeune d’une langue étrangère qu’on pratique sans effort à l’age adulte, mais qu’on peut aussi bien ne plus utiliser pour diverses raisons.
   La pratique de la morale acquise uniquement par conditionnement reste fragile si sa légitimité n’est pas confirmée par une théorie bien assimilée. Cette fragilité se manifeste chez beaucoup d’adolescents qui refusent les valeurs faute de les avoir comprises.
   Le passage à l’age adulte  des adolescents est assez significatif. Leurs démonstrations rebelles qui consternent les parents ne présument pas forcément une éducation ratée. L’incrustation de valeurs essentielles dans le subconscient de l’enfant créée par un environnement familial porteur de ces valeurs, est un gage d’optimisme. À l’adolescence, en l’absence de rituel  de passage à l’age adulte, profitant de sa dépendance et de l’irresponsabilité de sa condition de mineur, le jeune invente des comportements affichant une indépendance légitime qu’il revendique. Ces provocations, parfois à la limite de la délinquance, cessent, dès lors que le jeune adulte est placé en situation  de se prendre en main face à la réalité de la vie.  C’est à ce moment-là que les valeurs souterraines acquises mais oubliées dans la pratique refont surface. Généralement éloigné de toutes formes de pression familiale, le jeune adulte se trouve confronté au choix immense que lui offre sa liberté de majeur. La faiblesse de caractère ou le simple désir d’éviter le stress de la confrontation sociale conduit le jeune adulte à préférer les options les plus en accord avec lui-même. En effet, la transgression d’une valeur intime perturbe profondément l’équilibre personnel. On sait qu’une personne honnête se rend malade à l’idée de voler même si c’était par nécessiter. Le jeune adulte suivra donc la pente qui exige le moins d’effort, celle que les valeurs acquises dans l’enfance auront tracée. Après les avoirs expérimentés dans la vie, il ne tardera pas à les revendiquer avec la même vigueur qu’il déployait à l’adolescence pour s’y opposer.
   Toutefois le conditionnement présente un risque, celui d’ancrer les comportements inadaptés d’une éducation imparfaite. La prise de conscience de ces imperfections par les inconvénients qu’elles entraînent peut donner l’envie de les corriger. Mais ce désir d’évolution  bute généralement contre un sentiment de culpabilité qui fait hésiter à poursuivre l’effort. Ce sentiment survient dès lors que l’on tente de se comporter en opposition avec les valeurs ancrées au plus profond de soi.  L’appel à une théorie de référence est alors indispensable si l’on veut s’opposer à un conditionnement moral. Cette référence sert de guide, conforte la volonté et évite les égarements.
   Aussi, au conditionnement de l’éducation, doit être associé un enseignement intellectuel de la Morale de la Vie, un enseignement progressif de la maternelle jusqu’aux plus grandes écoles. Il est indispensable que face au doute qui peut paralyser l’individu lorsque son éducation lui semble inadaptée dans diverses situations de la vie, il puisse la conforter ou l’adapter par la réflexion grâce à la maîtrise de la théorie de la Morale de la vie.

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