54 - Liberté et créativité

Publié le par Ya Santal

DSC01167.jpg    La liberté, avant d’être défini par le droit, trouve ses limites à l’intérieur même de l’esprit humain. Les croyances et les tabous empiriques sont autant de murailles qui bornent la liberté en de ça de son espace légitime, défini par la Morale de la vie.
   Lorsque les valeurs sont assimilées dés l’enfance, elles constituent dans le subconscient des barrières dont les effets ressurgissent à la conscience sous forme de tabous indiscutables.
   Quelle que soit l’importance des nuisances causées par des valeurs inspirées de morales aberrantes, l’homme apprécie la douceur de la paix intérieure que lui apporte la cohérence entre son action nuisible et ses convictions erronées.
   Dans la culture de l’argent, la liberté est davantage une illusion qu’une réalité. La sensation de liberté y est ressentie chez l’individu à chaque fois qu’il peut faire ce pour quoi la culture de l’argent l’a conditionné.
   L’absence d’éducation morale rationnelle laisse le champ libre à l’influence des valeurs économiques qui se mutent en valeur morale au service de la domination financière.
Dans la culture de l’argent, l’être humain est asservi au pouvoir de la finance. En même temps qu’il souffre des nuisances de la culture de l’argent, il se soumet chaque jour davantage aux valeurs de cette culture. Faute de choix, il fuit le pénible conflit intérieur que susciterait la remise en cause des mauvais tabous. Au lieu de se libérer, il renforce son asservissement.
   Sans éducation morale, dans la culture de l’argent, l’individu ignore le sens des codes culturels qui l’aliènent et auxquels il se soumet sous la pression du conformisme. Dans ces conditions, l’individu ne domine pas la culture, il en est un esclave que l’ignorance rend docile. Il est incapable d’inventer des comportements originaux autorisés par la Morale de la vie qu’il méconnaît.
   Ainsi, la connaissance des convenances, si elles évitent un effort constant d’invention de comportements adaptés à la vie quotidienne, n’empêche pas la créativité. Dans la majorité des cas, les propositions de la tradition sont adaptées aux diverses situations de la vie quotidienne. Mais la maîtrise du sens fait accéder à une plus grande liberté d’initiative. Elle permet de s’écarter de l’étiquette ou d’affiner moralement les comportements dans des situations spécifiques. Parfois, cette maîtrise justifie des façons opposées aux convenances car la morale de la vie qui valorise le plaisir s’accommode fort bien de la provocation, de la fantaisie et de l’humour. Mais l’improvisation et l’innovation sont dangereuses sans la maîtrise de leur sens moral.
   L’éducation fondée sur la Morale de la vie permet de maîtriser la vie quotidienne et par la créativité, l’évolution de la culture. La recherche des plaisirs de toutes natures invite à l’invention culturelle. Celle-ci se réalise dans une liberté d’autant plus grande qu’elle est clairement bordée par la Morale de la vie.
   À l’opposé, dans la culture de l’argent, avec sa morale empirique aux contours flous transmise par les traditions familiales, le sens de l’innovation comportementale n’est plus maîtrisé. Et en l’absence d’une véritable éducation nationale, les enfants sont éduqués par les médias qui transmettent les valeurs de la morale de l’argent. Cette morale pousse à un conformisme délétère pauvre en capacité d’échange.
   On observe cette indigence éducative notamment en France, pays largement influencée par l’idéologie libérale. La liberté dans la culture de l’argent suggère que l’adhésion à une morale est un choix personnel. Toute allusion publique à la morale est perçue comme un prosélytisme intolérable, un crime contre la liberté. Le mot moral est devenu tabou. On ne l’évoque hypocritement qu’à travers des expressions synonymes qui se réfèrent à la légitimité de la morale républicaine. On préfère parler de civisme et de comportement citoyen plutôt que de la morale.
   La sagesse séculaire a inventé des comportements moraux adaptés aux diverses situations de la vie. L’acquisition de ces coutumes sans la compréhension de leur sens abouti à un mode de vie stéréotypé. Les convenances sont alors perçues comme des contraintes arbitraires au point d’êtres délaissés par les éducateurs.
   La connaissance de la Morale de la Vie est la clef de la liberté. Elle seule est capable d’en préciser les limites extrêmes. Elle transforme les individus en acteurs créatifs d’une culture évolutive toujours plus adaptée à faciliter les échanges au plus près des besoins nécessaires à l’épanouissement de ses membres.
   Maîtriser la Morale de la vie, c’est maîtriser la liberté. Tous les efforts créatifs pour conquérir les recoins de son espace participent à la libération de l’homme et à son épanouissement.

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