55 - Le langage

Publié le par Ya Santal

DSC01156.jpg    Le rôle du langage est de protéger la vie par l’échange d’informations.
   À l’origine, le langage est né pour alerter du danger et indiquer les lieux de nourriture. Plus tard, cette fonction primaire de protection évolua vers une communication verbale et visuelle plus sophistiquée. Le besoin de reconnaissance aurait été un moteur déterminant du développement du langage d’après les linguistes. La volonté de se distinguer dans le groupe en étant le premier à apporter des informations utiles a certainement contribué à la complexification du langage. Ce comportement s’observe d’ailleurs toujours aujourd’hui. Avec les langages élaborés, les hommes renforcèrent leur protection par l’accession aux plaisirs raffinés des arts et de la connaissance scientifique.
  Le langage augmente considérablement la capacité d’échange des individus et avec elle celle de son épanouissement. Il donne aux projets destinés à satisfaire des désirs ou des besoins une redoutable efficacité.
    La Culture de la vie fondée sur l’échange tendrait à nous suggérer d’utiliser un grand nombre de langages spécifiques afin de multiplier les échanges de nature différente.
   À chaque sens devrait correspondre un langage propre dont les qualités répondraient aux performances qu’on attend d’eux.
    La performance d’un langage se mesure à l’aisance dans l’expression de la précision et de la nuance ainsi que dans la facilité à inventer des expressions nouvelles naturellement compréhensibles. La règle de création et d’amélioration des langages est celle de la loi de la sélection naturelle dont la règle est le moindre effort pour le maximum d’efficacité.
En plus des langages parlés, écrits et des signes d’autres langages sont imaginables.
Dans la culture de l’argent, le vêtement est déjà un langage, mais il se limite à indiquer le niveau de richesse, l’adhésion à une mode ou l’appartenance à un courant d’admirateur de modèles médiatisés représentant la réussite par la richesse.
  Cette fonction de communication réductrice trahit l’allégeance du langage des vêtements à la morale de l’argent. Elle n’a qu’une finalité, celui d’enrichir les actionnaires par l’incitation à la consommation.
   Un langage de vêtement élaboré, dans une communauté dont le projet serait l’épanouissement par les échanges entre les personnes contribuerait à améliorer une communication complémentaire aux autres langages courants.
  À l’aide de codes conventionnels le langage des vêtements pourrait informer des types d’échanges souhaités qu’ils soient affectifs, sexuels, sportifs, culturels, professionnels, avec la précision que chacun souhaiterait.
   Avec le langage du corps dans la danse, on pourrait échanger des émotions, exprimer des désirs, draguer avec des mouvements codifiés à l’instar de certaines danses hispaniques ou asiatiques, mais avec la performance d’un langage moderne plus élaboré.
  Le toucher et les caresses du corps sont aussi un langage à perfectionner. Ce langage est indispensable si l’on veut conduire des sensations et des émotions pour convaincre, séduire, relaxer, rendre heureux, éblouir, s’unir dans un même élan de plaisir et de bonheur ou simplement de fraternité.
  L’apprentissage généralisé du langage des signes permettrait de communiquer en silence, à distance et romprait la barrière avec les malentendants.
Le libéralisme en orientant les échanges vers ceux des produits industriels et commerciaux atrophie les pulsions créatrices qui ne servent pas cette finalité. Dans cette culture, seul l’apprentissage des langages utiles à l’activité économique est privilégiés.
   L’invention de nouveaux langages, faute de débouchés commerciaux ne concerne pas la culture de l’argent. Celle-ci ne considère l’individu qu’en tant qu’agent économique au service de l’argent. Le plaisir de vivre, l’épanouissement et le bonheur qu’engendreraient de nouveaux moyens d’échange sont délaissés par la culture de l’argent.

Commenter cet article