1ÈRE LEÇON : Le bien et le mal, l'éthique et la morale

Publié le par Guy PROUIN

 

 


 

 

 

DSC01068-L-.jpges cours qui vont suivre ont pour but de répondre rationnellement et clairement aux questions que vous vous posez sur la morale et en particulier sur la morale laïque. Dans cette leçon vous découvrirez l’origine du bien et du mal laïque et vous apprendrez à faire la différence entre l’éthique et la morale. La morale est généralement définit comme un système de règles que l’homme doit suivre dans sa vie personnelle et sociale. Ces règles ne sont pas les mêmes selon les individus, les sociétés, les époques, les civilisations. La question qui se pose est  de savoir s‘il existe un vrai bien ou une vrai morale. Or la réponse généralement admise par l’élite intellectuelle est de considérer la morale, comme subjective, c‘est à dire, qu’elle est propre à chaque individu, sans qu’elle puisse être généralisable à l’ensembles des êtres humains.

Vous allez voir dans ces leçons qu’il est possible de contre dire cette opinion d’une façon totalement rationnelle et qu’il est possible d’établir un consensus sur une morale laïque partagée par le plus grand  nombre. La recherche d’un consensus sur une morale nous fait rejeter, d’emblé les morales religieuses. Leurs origines diverses, reposant sur la foi, divisent les hommes plutôt que de les rassembler. Les multiples guerres de religion témoignent de leur incapacité à réunir les hommes dans la paix. 

Tout d’abord, cherchons dans la vie courante, les motivations qui nous font qualifier de bien ou de mal certains comportements. Prenons un exemple : Au cours d’une réunion de famille, le petit dernier se décrotte le nez avec ses doigts devant tout le monde. Son Père lui d'arrêter et lui dit que c'est mal. En effet, son père peut avoir de nombreuses raisons pour penser que ce n'est pas bien : pour des raisons d'hygiène, d'esthétiques, notamment. En fait, l’ensemble de ces raisons, quel quelles soient, forme un projet pédagogique. Ce père souhaite que son fils ressemble au modèle qu'il a dans sa tête et qu’il se comporte comme ce modèle. Il considère, que le geste de son fils est contraire à son projet pédagogique.

Dans tous les exemples que l’on pourrait imaginer, on constate qu’à l’origine de la notion de bien et de mal, il y a un projet. Le bien et le mal sont produits par des projets. Ils surgissent consciemment ou inconsciemment, dés la conception d’un projet. Lorsque vous faites un projet, si vous réfléchissez à ce que vous devez faire pour le réussir, vous mettez en évidence un certain nombre de comportements et de valeurs indispensables pour sa réussite. Les autres comportements seront considérés comme mal, parce qu’ils risquent de vous faire échouer. Si le bien et le mal sont indissociablement liés à un projet, on peut affirmer que sans projet, le bien et le mal n’existent pas. Les projets, quel qu’ils soient, exigent pour leur réussite, l’application d’un ensemble de comportements et de valeurs.

Eh bien, on appelle éthique cette ensemble de comportements et de valeurs que la raison nous invite à appliquer en vue de réussir un projet. On parlera de l’éthique du médecin, de l’éthique mafieuse, de l’éthique du randonneur à cheval… Dans tous les cas, l’éthique regroupe des comportements et des valeurs qui se concrétisent sous formes de règles dont l’application donnera le maximum de chance de réussir le projet. L’éthique diffère de la morale car elle est créée par des projets spécifiques au profit d’individus ou de groupes parfois au dépend des uns et des autres par leurs nuisances. Par exemple : les médecins ont le projet de soigner les malades en les respectant, tandis que les mafieux ont le projet de créer une organisation capable d'investir l’espace public pour y gagner de l'argent illégalement en employant des moyens criminels.

On voit avec ces deux exemples que des projets peuvent produire des comportements bien et mal aux valeurs totalement opposées. La notion de bien et de mal du médecin est incompatible avec celle des mafieux. L’éthique est un système de règles et de valeurs variables selon les projets. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer un consensus sur des éthiques aussi diverses. S’il on veut obtenir un consensus sur une éthique, il faut que son projet soit commun à tous les hommes, partagé par tous les hommes.

Peut-on imaginer un projet commun à tous les hommes ?  

Lorsque l'on considère les multiples projets au cours d’une vie, on constate que leur éthique s'emboîte comme des poupées gigognes. Par exemple : si vous faites le projet de partir en vacances, vous devrez respecter son éthique. Nécessairement, vous devrez prendre le temps de préparer ces vacances, mais aussi vous devrez disposer de suffisamment d'argent. Le projet de partir en vacances sera conditionné par la réussite du projet d'avoir suffisamment d'argent. S'imposera à vous l'éthique du chercheur d'emploi, ou du travailleur qui acceptera les contraintes liées à la conservation du job ou à l'amélioration de la rémunération. Mais pour travailler, il faudra être en bonne santé. L'éthique de la bonne santé vous invitera à manger, dormir et de faire tout le reste d'une façon au moins raisonnable. Et pour être en bonne santé, il faut être vivant. Le projet de vivre apparaît comme l’ultime projet commun à la majorité des hommes car tous les hommes naissent avec une pulsion de vie qui les pousse à vivre coûte que coûte. Cet ultime projet va imposer ses conditions de réussite à tous les autres projets qui sont, on le comprend aisément, dépendant de la vitalité de l’individu. Cette position dominante accorde à cette éthique, définie par le projet de vivre, un statut particulier, celui de morale. La morale définit les conditions qui vont s’imposer à tous les projets de la vie d’un homme. La morale dont le projet est de respecter la vie humaine est appelé : morale de la vie ou morale laïque.      

En réalité, le projet de vivre n’est pas le seul projet ultime qui existe. En effet, les religions proposent des ultimes projets qui se situent au-delà de la mort. Le projet d’entrer au paradis ou de gagner la vie éternelle sera conditionnés, non pas par une réflexion rationnelle, mais par une soumission à des règles dictée par des dieux, des livres sacrés, des prophètes ou des  gourous.     

On voit qu’il existe deux types de morale : la morale laïque et les morales religieuses. La morale laïque est engendrée rationnellement par le projet de respecter la vie humaine tandis que les morales religieuses sont dictées par les dieux et repose sur la foi. Ces deux types de morales peuvent-elles cohabiter ? Pour répondre à cette question, il nous faut préciser le projet de la morale laïque qui est, rappelons –le : le respect de la vie humaine.      

Mais alors, que signifie précisément respecter la vie humaine ?     L’homme à la différence des animaux est un être vulnérable qui ne doit sa survie qu’à son intelligence. Au cours de son histoire, l’homme a fini par comprendre qu’il serait mieux protégé s’il passait un contrat de non-agression et de solidarité avec ses congénères. C’est ainsi que, la morale laïque d’origine naturelle et égoïste fondée sur l’instinct de conservation, devient culturelle et sociale grâce à l’apprentissage du respect des autres et de la solidarité en vue d’une meilleur protection individuelle. Ce projet de préservation de ses congénères s’étend aussi à celle des descendants car nous voulons tous que nos enfants et leur descendance vivent de la meilleure façon. 

À l’origine, la morale de la vie, la morale laïque, est une morale individualiste, mais, par souci d’efficacité, elle se transforme en une morale sociale et universelle. Son projet de préservation de la vie de chacun s’étend à toute l’humanité en incluant la pérennité de l’espèce humaine.

Cette définition nous permet de hiérarchiser les morales. La morale laïque s’impose comme la morale plateforme sur laquelle les morales religieuses peuvent exister. Car sans la vie : point de religion. Cela signifie qu’une société laïque n’accepte que les croyances qui respectent la vie. La morale laïque s’impose comme le fondement des civilisations qui veulent perdurer. La morale laïque est une plateforme culturelle sur laquelle peuvent s’épanouir toutes  sortes de cultures et notamment les cultures religieuses à condition qu’elles respectent la vie. La morale laïque n’existe que grâce à la transmission par l’éducation et l’apprentissage. Nous avons définit l’origine du bien et du mal ainsi que l’éthique et la morale. Lors de la prochaine leçon nous avancerons dans la connaissance de la morale en définissant les qualités morales et les vertus. En attendant, mobilisez vous pour que la morale laïque devienne la norme morale dans l’éducation.

Soyez heureux car c’est bon pour la santé.

 

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