70 - L’érotisme

Publié le par Ya Santal

DSC01112.jpg    L’homme a développé les arts pour que ses sens lui procurent des plaisirs toujours plus raffinés, contribuant ainsi à renforcer son goût de vivre.
   L’influence des tabous moraux sur le développement des arts est clairement mise en évidence dans la comparaison des cultures. Ainsi l’érotisme a atteint des sommets de raffinements en Orient tandis qu’en Occident la culture judéo-chrétienne criminalisait la sexualité hors mariage. Ce rejet du sexe a réduit la fonction sexuelle à la reproduction. L’art de l’amour ne s’est pas développé. Cette atrophie culturelle  a limité la capacité d’échange des couples.
   L’art du toucher est inexistant dans les cultures judéo-chrétiennes, alors que dans les cultures orientales, il tient une place importante. La pratique courante des massages et la diversité des techniques en témoignent. Cet art est profondément pacifique. Il a été observé que les sociétés réfractaires au toucher étaient plus violentes que les autres.
   Dans la culture de l’argent, les tabous sexuels réduisent au silence les parents et les éducateurs face aux interrogations des jeunes. L’attitude éducative actuelle est d’estimer que les jeunes doivent découvrir la sexualité par eux-mêmes et entre eux. On leur demande ainsi de réinventer l’art de l’érotisme et de l’amour comme s’il était raisonnable qu’ils réinventent l’art de la peinture ou la pratique d’un sport collectif sans professeur. Sans éducation, les jeunes livrés à eux-mêmes sont de plus en plus nombreux à s’adonner aux violences sexuelles.
    La permissivité sexuelle de la culture de l’argent trouve ses limites dans le champ commercial. Le sexe est complètement déculpabilisé dès lors qu’il se pratique dans les circuits commerciaux vers lesquels la pudibonderie imposée dans les relations quotidiennes oriente la libido.
   Si l’industrie du sexe offre la quantité, elle offre rarement la qualité espérée. La frustration qu’elle engendre faute d’alternative concourt à y avoir recours et contribue à sa prospérité.
   L’enseignement et l’éducation sexuelles se justifient à cause de la complexité des qualités physiques, mentales et morales mises en œuvre dans cette activité physique et affective.
   La connaissance du corps, les limites de l’imagination et la qualité des échanges nécessitent un apprentissage bien conduit. Cadré par la Morale de la vie, l’érotisme peut se développer comme un art essentiel à la qualité de la vie.

Publié dans Amour et sexualité

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