75 - Avortement et euthanasie

Publié le par Ya Santal

DSC01182.jpg    L’avortement est un drame qui est le résultat d’un échec biologique ou Culturel.
   L’avortement sans nécessité biologique est une réponse à un choix dans une concurrence entre deux vies, celle de l’enfant et celle de la mère. Quel qu’en soient les motifs, l’avortement est un acte qui engage la responsabilité collective. Il n’est envisageable pour protéger la femme que dans le cadre d’une assistance collective.
   Une société dont l’organisation ne sait pas accueillir tous les nouveau-nés doit assumer cette déficience en l’intégrant dans une pratique Morale, sociale et économique réaliste, bien définie.
   L’avortement dans le cadre de la Morale de la vie pose d’abord la question de la réalité du caractère sacré du fondement de cette Morale, de la légitimité et des modalités de son application.
   Le refus fanatique de l’avortement suggère que le fondement de cette Morale est un principe intangible supérieur à son intention. Hors ce principe ne peut être sacré puisqu’il est une invention humaine. C’est donc à l’homme de décider des limites de cette protection.
   Les deux principes fondamentaux de la Morale de la vie aident à définir ses limites : l’autonomie qui accorde à la personne une liberté relativisée par son lien contractuel de mutuelle protection avec la société et les conséquences des actes qui déterminent leur qualité
   Une décision qui porte sur le fondement de la Morale, c’est-à-dire sur la pérennité de l’espèce humaine, concerne évidemment toute la société. Il est donc naturel qu’une délégation de la société participe à cette décision dans l’esprit de la Morale, mais dans le respect absolu de l’autonomie de la femme. Cette délégation ne peut avoir pour mission de décider à sa place. Son rôle est de vérifier que cette décision est justifiée et que le désespoir qui l’entraîne ne peut pas être écarté par une assistance adaptée.
   La légalisation de l’avortement garantit la sécurité sanitaire de la femme qui peut avoir de bonnes raisons de ne pas garder l’enfant.
   Le fœtus participe à la pérennité de l’espèce humaine. En cohérence avec la Morale de la vie, tous les fœtus viables devraient pouvoir arriver à terme. Mais la société actuelle est tellement imparfaite qu’elle n’a pas la capacité de résoudre tous les problèmes psychologiques et économiques qui poussent à l’avortement.
   Aussi, face aux risques de l’énorme potentiel de drame que représente l’absence d’accueil à un nouveau-né, la raison invite à préserver la vie existante plutôt que celle qui est à venir.
   L’avenir d’un enfant qui n’aurait pas accès aux échanges fondamentaux émotionnels intellectuels et matériel pourrait être gravement perturbé par la souffrance. Une souffrance qu’il risque en plus, de léguer à ses descendants. La culture et en particuliers les problèmes psychologiques en effet se transmettent au même titre que l’héritage biologique. De génération en génération des troubles caractériels se transmettent en s’amenuisant ou au contraire, en s’amplifiant. Ils sont alors à l’origine de drames plus graves encore que l’avortement.
   L’interdiction d’avorter exprime un odieux mépris envers la femme. Le respect de l’autonomie d’un être humain interdit qu’on décide à sa place de la souffrance qu’il doit endurer. L’insensibilité à la souffrance d’un congénère procède de la même attitude immorale que celle qui conduit vers le meurtre. En imposant à un être humain des conditions qui vont atrophier ses échanges, on nuit à sa vie par étranglement de ses flux vitaux.
   Comment ne pas compatir à la souffrance d’une mère, abandonnée, accablée par les difficultés financières ou terrorisée par l’évocation que suscite son enfant, fruit d’un viol brutal par un être abject. Les blessures profondes de l’esprit ont le pouvoir d’inhiber l’instinct maternel de victimes traumatisées. On ne contraint pas à aimer. On ne peut que créer les conditions pour que l’amour soit possible. Le désir d’avorter des femmes est légitimé dans les cas où il est une solution aux lacunes de la société.
   Le fondement de la Morale de la vie impose d’accueillir avec responsabilité les nouveau-nés. Cette responsabilité doit tenir compte des conséquences de l’abandon matériel ou affectif d’un enfant non désiré car ils génèrent des drames plus importants pour l’enfant, la mère et la société, que ceux de l’avortement.’
   Lavortement légal dans un pays signale le bon niveau de sens Moral de ses institutions mais en même temps celui de la médiocrité d’une organisation économique, sociale et culturelle incapable d’accueillir dans le respect de la vie tous les enfants.
   Les militants extrémistes qui place les principes au-dessus de la vie elle-même sont des traîtres à l’espèce humaine. Leur choix pour des idées ou des croyances religieuses de préférence au respect de la vie des femmes enceintes les place d’emblé dans le camp de ceux qui tout au long de l’histoire ont participé à des massacres au nom d’une hégémonie culturelle.
   Les militants qui luttent en faveur de la souffrance  qu’engendre l’interdiction de l’avortement et l’euthanasie place dans la hiérarchie des valeurs les principes au-dessus de la qualité de la vie. Sous couvert de protéger la vie et dans l’espoir égoïste de gagner un arpent de paradis, ils martyrisent leurs semblables avec le cynisme des fanatiques.
   L’avortement et l’euthanasie sont de douloureux problèmes que seule la Morale de la vie peut aider à résoudre avec le maximum d’humanité.

Publié dans Amour et sexualité

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