77 - Le mariage

Publié le par Ya Santal

DSC01153.jpg    Dans la culture de l’argent, le mariage est essentiellement un contrat de nature économique.
   Ce contrat détermine qui sont les propriétaires et les usufruitiers des biens, des enfants et du corps des signataires. C’est un contrat de propriété.
   L’exclusivité sexuelle imposée dans ce contrat, source de divorce en cas d’infraction souligne l’importance de la notion de propriété du corps du partenaire par rapport à celle de la responsabilité parentale.
   Ce contrat donne une priorité à l’assurance d’une sécurité et d’une exclusivité sexuelle sur celle de garantir aux enfants le temps nécessaire à leur formation.
Ainsi, la perspective que le contrat de mariage impose de devoir rester toute la vie avec le même partenaire sexuel place les futurs mariés devant un choix cornélien.
   La nécessité de rester ensemble suffisamment longtemps pour élever les enfants et la contrainte contractuelle de fidélité crée un conflit entre l’érotisme et l’amour d’une personne.
   Généralement, les partenaires recherchent à la fois les qualités physiques et mentales. Malheureusement, très souvent la personnalité qui suscite un amour profond ne correspond pas forcément aux phantasmes sexuels.
   Dans la culture de l’argent, le sens de la responsabilité invite à choisir le partenaire différemment selon que l’on envisage de fonder une famille ou simplement de vivre à deux.
   Quand l’érotisme est sacrifié au profit de la personnalité, le mariage dure mais souvent au prix de quelques infractions à la fidélité.
En revanche le choix des charmes érotiques aux dépens de la personnalité produit des relations aussi intenses que brèves. On se lasse plus facilement de la technique et de l’esthétique que de l’émotion affective.
   Dans la Culture de la vie, ce choix ne devrait plus être nécessaire.
   La perspective de la longue éducation des enfants engage les partenaires dans une union durable qu’il est déraisonnable de faire reposer sur la fragilité du désir sexuel. L’affection généreuse, la complicité et la complémentarité sont des ciments plus résistants.
   En général, au début du mariage, le sexe et l’amour sont intimement liés. Avec le temps, le plaisir sexuel s’use, remplacé par le charme de la complicité. Malheureusement, la frustration sexuelle devient un grand danger pour le couple, même le plus uni. Le partenaire apparaît bientôt comme un obstacle à l’épanouissement personnel. La rancœur envenime les relations parfois jusqu’à la rupture. La famille éclate aux dépens des enfants.
   La dissociation des fonctions de procréation et de plaisir sexuel par les moyens contraceptifs a désacralisé le sexe et créé un nouvel espace de liberté autonome, celui de l’art sexuel. Cet art s’exerce avec bonheur au sein du couple amoureux. Mais si, avec le temps, l’amour se transforme en une profonde amitié, l’art du sexe peut être partagé et vécu comme n’importe quel autre plaisir sans exclusivité. Dans ces conditions la famille reste unie sans nuire à l’épanouissement de chacun des partenaires et l’éducation des enfants est assurée dans la continuité.
   Un contrat de mariage qui se fonderait sur l’accord mutuel plutôt que sur la possession mutuelle placerait l’amour des enfants au-dessus de celui du sexe.

Publié dans Amour et sexualité

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