80 - Partis politiques minoritaires

Publié le par Ya Santal

DSC01124.jpg    La démocratie permet aux tendances marginales de s’exprimer au sein de partis politiques minoritaires. Ces partis regroupent de la même façon que les partis majoritaires des membres aux caractéristiques caractériels spécifiques. Leur originalité repose sur le déséquilibre prononcé de leur flux d’échange.
   Le bon sens voudrait que l’on gouverne au centre. Ce serait d’autant plus normal que statistiquement la majorité des électeurs est plutôt centriste. Mais l’action d’un gouvernement ne peut pas être rigoureusement centriste. La solution de certains problèmes exige des mesures radicalement conservatrices ou au contraire très progressistes. Lors de leur discussion, la division fondamentale de la société resurgit et paralyse l’action du gouvernement. Les partis majoritaires se reforment par gravité et divisent le parti centriste au pouvoir. Lors des élections, le pouvoir de décision appartient en réalité aux électeurs centristes car ils sont une minorité libre caractériellement de choisir l’un ou l’autre camp. En revanche, le véritable pouvoir des partis  centristes est de diviser pour tenter de régner.
   L’émergence de l’écologisme n’affecte pas l’existence des deux courants politiques majoritaires dont l’ancrage dans le caractère de l’individu les rend incontournables. Le chemin du pouvoir conduit invariablement les nouveaux partis à se déterminer dans l’un ou l’autres des courants majoritaires.
   Si le déséquilibre des flux de l’échange est généralement faible chez la majorité des citoyens, en revanche, une minorité d’entre eux souffre d’un déséquilibre accentué. Il se traduit par un comportement politique extrémiste.
   Le degré d’inclination au partage repose sur un sentiment de confiance en l’avenir qui invite à la générosité tandis que la peur viscérale du manque conduit à des comportements politiques égoïstes. L’amplification de ces deux sentiments est directement liée à l’importance du déséquilibre tendanciel des flux d’échange individuels.
   La générosité excessive va de pair avec une confiance aveugle. Elle produit un idéal utopique et une action politique irréaliste.
   En revanche, la peur viscérale pousse l’individu à souhaiter un Etat fort, personnifié par un chef protecteur parfaitement identifiable. Celui-ci tire alors son charisme de sa capacité à entretenir le sentiment lancinant d’insécurité individuel, sans rapport avec la réalité du terrain, et à le diriger vers des boucs émissaires. Il provoque ainsi des populations discriminées jusqu’à ce que leurs réactions légitiment la peur pathologique des extrémistes. Leur agressivité s’extériorise alors par une violence qui n’est que le courage des faibles. Elle est pour eux une thérapie illusoire à leur mal-être.
   Les extrémistes conservateurs de tout temps ont éprouvé un besoin viscéral d’avoir des ennemis à combattre.
   La violence des extrémistes quelle que soit leur tendance est aussi le fruit d’un déséquilibre entre le cœur et la raison. Chez leurs idéologues, le développement intellectuel a atrophié les émotions empathiques protectrices. En l’absence de ces gardes fous, ils adhèrent sans aucune culpabilité à des théories erronées justifiant la violence au nom du bien commun.
   La soumission fanatique à la rationalité sans le garde-fou du cœur conduit aux pires atrocités. L’enseignement de la Morale de la vie apporterait aux intellectuels un outil qui satisferait leur besoin de rationalité. Il réduirait le risque de dérives violentes de théories sur le changement qui au nom de la vie la détruisent.
   Les partis minoritaires sont les clignotants d’alarme de la société. Ils signalent en éclaireur des disfonctionnements grâce à leur sensibilité exacerbée par le différentiel de leur flux d’échange. Plutôt que de combattre les extrémistes, on aurait intérêt à prendre en compte l’objet de leur indignation avant qu’il ne dégénère. Un problème se résout plus facilement à ses débuts. De plus, cette approche avisée aurait pour effet d’apaiser les tensions extrémistes.

Publié dans La politique

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