83 - Commémorations

Publié le par Ya Santal

DSC01143.jpg   Nous vivons en France une période où les commémorations récurrentes d’anciens drames sont à la mode. Tout est prétexte à cérémonie pour se rappeler combien nous avons été mauvais. Les guerres, les massacres, la colonisation, l’esclavage sont autant d’occasion de battre sa coulpe et de s’humilier publiquement.
   Cette volonté compulsive de se culpabiliser et qui donne le sentiment de retrouver l’honneur perdu n’exprime en réalité que l’impuissance d’un peuple spectateur d’un monde nouveau qu’il refuse de regarder pour ne pas s’y adapter.
   Ce peuple d’enfants gâtés vivant dans une des nations les plus riches du monde nie l’évidence que sa survie dépend de sa capacité à entrer dans ce mouvement mondial qui évolue si rapidement. Avec cette attitude conservatrice, statique, les difficultés économiques financières et sociales s’aggravent de jour en jour. Le sentiment d’impuissance que fait naître cet enlisement poussent les responsables de tout ordre à s’adonner à la magie des incantations et des rituels spectaculaires qui, de tout temps, ont calmé les esprits dans l’illusion de l’action.
   La commémoration est un rituel du souvenir qui a deux fonctions, celle de rendre hommage aux victimes ainsi qu’aux survivants d’une calamité et aux familles des disparus. Elle est aussi une pratique éducative.
   Lorsque les derniers survivants ont disparu, la question de la poursuite de cette tradition se pose. La perpétuation de ce rituel se justifie lorsque le message dont il est porteur reste d’actualité dans un environnement incertain.
   Ainsi, inventer une commémoration de l ‘esclavage dans une culture occidentale qui l’a profondément banni n’a que le sens d’une gesticulation. En revanche, produire de l’information qui dénonce cette pratique encore vivante dans certaines cultures contemporaines est un acte autrement efficace.

Publié dans La politique

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