85 – L’économie libérale

Publié le par Ya Santal

DSC01161.jpg   L’économie libérale est une organisation de la production et des échanges marchands auto régulée par le marché. C’est une belle mécanique, un moteur économique qui tourne bien. Ses bienfaits ont profité depuis quelques décennies à des milliards d’êtres humains dont le niveau de vie s’est élevé réduisant d’autant la pauvreté dans le monde. Toutefois, malgré sa capacité unique dans l’histoire de l’humanité à produire de la richesse, cette économie suscite toujours un sentiment de défiance allant jusqu’au rejet partagé par un grand nombre de nos contemporains. Les effets pervers de cette économie effraient et justifient  à leurs yeux sa condamnation.
   Cette attitude est le fruit d’un amalgame entre l’idéologie libérale et l’économie libérale, entre la culture de l’argent et une organisation économique.
   L’économie libérale est un moteur performant, mais qui présente les inconvénients d’être polluant et de mal répartir la richesse qu’il produit. Ce moteur est un outil de production de richesse dont le principe de fonctionnement répond à une logique qui lui est propre, mais dont l’usage dépend de la finalité que l‘on veut bien lui attribuer. Or cette finalité est donné par la morale de la culture dans laquelle il tourne.
   Ainsi, lorsque qu’un moteur tourne bien, il ne tient qu’au propriétaire que de lancer des études pour améliorer ses performances, réduire ses nuisances. Il ne tient qu’aux utilisateurs d’inventer des règles pour que sa puissance plus équitablement répartie.
   Lorsque le moteur à essence fut inventé, il émerveilla par sa capacité à produire de l’énergie motrice très maniable et sous un faible volume. On aurait pu à l’époque le rejeter car il était bruyant, polluant, à la fiabilité limitée et peu sobre en carburant.  Les moteurs d’aujourd’hui n’ont en commun avec leurs ancêtres que le principe de fonctionnement. La volonté de le faire évoluer vers un idéal de confort, de fiabilité et d’économie en a fait un objet dont les performances sont remarquables en comparaison de celles qui émerveillaient ou répugnaient autrefois. Aujourd’hui, il équipe des voitures accessibles à des bourses modestes.
   Le principe de fonctionnement du moteur économique libéral est indépendant de l’usage qu’on en fait. Cette autonomie disculpe l’économie libérale de son mauvais usage et de ses nuisances.
   L’économie libérale n’est pas un moteur assujetti à la morale de l’argent. Il peut parfaitement tourner sous une autre morale.
   Si l’on accepte les principes de fonctionnement de cette économie que sont la capitalisation, le marché, la concurrence, l’initiative individuelle et la récompense au mérite, il ne reste plus qu’à se laisser inspirer par la Morale de la vie pour inventer les quelques règles qui lui font défaut pour s’inscrire dans la Culture de la vie.

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