90 - Le processus d’évolution

Publié le par Ya Santal

 DSC01469.jpg   La volonté de transformer la société ne peut s’exercer sur un projet concret et défini car personne n’est en mesure d’imaginer la société de demain. En effet, l’évolution des sociétés aussi bien sur le plan économique, sociale et scientifique n’a jamais pu être prédite, malgré les efforts des futurologues.
   En l’absence de direction précise et faute de projet de société impossible à définir, ce sont les valeurs qui orientent la société. Le respect constant des valeurs établit naturellement une cohérence à l’action qui n’a plus besoin de connaître sa cible pour l’atteindre. En effet, les valeurs sont définies par les qualités qui contribuent le mieux à atteindre l’objectif qui est le respect de la vie par sa protection et son épanouissement. La Morale de la vie fonctionne comme un gouvernail associé à une boussole.
   Si l’on prend l’exemple de la voiture actuelle, on constate qu’elle n’a plus rien de commun avec la charrette d’autrefois sur laquelle on avait placé le moteur qu’on venait d’inventer. À cette époque, personne n’aurait imaginé l’apparence moderne des descendants de cette charrette et pour cause, son existence actuelle n’est pas le fruit d’un projet défini au départ, mais celui d’un idéal continu. Il est le produit d’une volonté de se déplacer notamment dans la sécurité et le confort. L’effort inventif mené dans tous les domaines en respectant ces valeurs a concrétisé au cours des ans l’automobile actuelle. Les progrès constants stimulés par la concurrence dans l’application de valeurs spécifiques ont conduit l’évolution de l’automobile vers un idéale imprévisible, aussi imprévisible que les découvertes scientifiques et les innovations successives appliquées à sa réalisation.
   La société répond aux mêmes processus évolutifs. L’organisation d’une société future n’est pas prévisible en revanche les valeurs qui participent à sa  construction en donnant un sens à son fonctionnement et à ses activités sont parfaitement définissables. Leur choix, leur respect et leur transmission déterminent la maîtrise du destin des sociétés.
   L’adhésion à un idéal commun entraîne la société dans une dynamique de création culturelle permanente à laquelle la tradition fini par s’adapter.
   C’est cette créativité qui a écrit l’histoire humaniste de l’Europe. Des bûchers de sorcières, en passant par l’esclavage jusqu’aux droits de l’homme, l’évolution culturelle volontariste a amélioré nos conditions de vie.
   Cette attitude volontariste s’oppose à celle du libéralisme qui considère que la culture et la morale doivent fonctionner suivant les mêmes règles de liberté et de concurrence que le marché. Dans ce jeu, les dés sont pipés. En l’absence d’une éducation volontaire, ce sont les influences dominantes, celles de l’économie à travers les médias, qui formatent la population. C’est ainsi que les valeurs de la morale de l’argent se substituent à celles de la morale de la vie dans la discrétion de l’hypocrisie générale.
   L’évolution de la culture n’est possible que dans une société souple et pragmatique. L’expérimentation est la seule méthode efficace pour ceux qui préfèrent, à l’utopie brutale de la révolution, l’innovation réaliste dans le respect des valeurs de la Morale de la vie.

Commenter cet article