91 - La responsabilité

Publié le par Ya Santal

DSC01471.jpg    Une Culture ne se décrète pas.
   Dans le projet d’une maîtrise de la culture, l’enseignement et l’éducation de la morale sont la pierre angulaire de l’édifice social. Ils constituent le terreau dans lequel les racines de la culture se nourrissent.
   Mais le développement d’une nouvelle culture n’est réalisable qu’avec la participation de tous les membres de la société.
   Cette participation va au-delà du comportement exemplaire souhaitable à cause de son effet éducatif. Elle est aussi une implication de tous dans l’action créatrice.
Entre le besoin et les limites morales de sa satisfaction, il existe un espace de liberté où la créativité peut s’exercer quotidiennement. Que ce soit dans les relations interpersonnelles, dans les activités de production, de loisirs ou d’organisation, l’imagination de chacun peut contribuer à faire évoluer la tradition pour que son sens s’oriente au mieux vers le fondement de la morale.
   Dans ce processus évolutif, les penseurs ne sont pas les seuls acteurs du changement. Chaque membre à son niveau de responsabilité participe à l’effort collectif de l’aventure culturelle. Chacun avec son génie créatif apporte de la valeur morale ajoutée aux pratiques quotidiennes individuelles et collectives. En donnant à chaque geste, chaque pensée, chaque œuvre le sens ultime de la protection de la vie, le citoyen contribue à l’évolution culturelle de sa société. Chaque membre d’une société démocratique dispose ainsi d’un pouvoir personnel d’influencer cette évolution.
   À cette créativité populaire dans l’art de vivre, celle des spécialistes notamment ceux dont la compétence concerne l’économie et la finance est essentielle à l’évolution culturelle. La compétition entre la morale de l’argent et celle de la vie restera très vive tant que les règles internationales du libéralisme couronneront l’argent maître du jeu. Il revient donc aux spécialistes de faire des propositions afin de réduire le pouvoir aveugle de la finance. L’invention de nouvelles règles régissant la spéculation boursière pourrait certainement entamer ce pouvoir. Elles rééquilibreraient le pouvoir des financiers au profit du pouvoir moral des élus politiques et des chefs d’entreprises. Aujourd’hui ce pouvoir moral est presque  totalement exclu du jeu économique dont les règles imposées par le pouvoir de l’argent ne supportent pas la contradiction.
   Une évolution des règles est indispensable pour que le citoyen à travers ses élus retrouve un pouvoir usurpé. Il restera aux élus à l’exercer dans la cohérence. Rien dans une Culture ne peut être laissé au hasard. Tous les types d’organisation, toutes les activités et toutes les productions en s’inscrivant dans une parfaite cohérence morale créent les conditions d’une société dynamique, productive, créative et attractive, qui avance sur le chemin du progrès.
   Si la culture ne se décrète pas par des lois, elle reste néanmoins influençable par elles.
Les médias doivent aussi utiliser leur influence pour moraliser la société mais sans tomber dans la prohibition dont les effets sont catastrophiques. Une simple tendance morale soutenue peut, tout en répondant aux besoins parfois douteux des clients contribuer à réorienter dans la douceur une société à la dérive.
    Avant l’avènement de la culture de l’argent, la force de la tradition l’emportait sur la pertinence des valeurs. La capacité créative des valeurs était étouffée par l’inertie de la tradition. Avec la culture de l’argent, une nouvelle tradition s’instaure tout aussi paralysante que l’ancienne.
    La Morale de la vie, au contraire, favorise l’évolution de la Culture aux dépens de la tradition. Elle redonne aux valeurs un pouvoir créateur partagé par tous les citoyens. À un niveau de responsabilité politique, économique, sociale et culturelle correspond une responsabilité équivalente dans l’évolution Culturelle.
    Le destin de la société ne sera pas déterminé par des hommes providentiels. C’est la participation de tous qui conduira la société vers de meilleurs horizons. Toute décision individuelle engage la société et avec elle l’humanité tout entière

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