96 – Redéfinition de la rémunération

Publié le par Ya Santal

DSC01186.jpg    Actuellement, dans les pays développés, les salaires trop élevés excluent définitivement du marché du travail les travailleurs dont la valeur ajoutée commerciale est insuffisante. Le coût social et économique exorbitant de cette exclusion pourrait être réduit en redéfinissant la notion de rémunération.
   Aujourd’hui le travail est rémunéré par un salaire dont le montant est fonction de la valeur ajoutée à la production de l’entreprise et de sa rareté. Dans cette définition de la rémunération, la valeur ajouté sociale n’est pas prise en compte bien qu’elle profite à toute la société et en particulier aux entreprises. Lorsqu’un chômeur est embauché. Il devient un acteur actif et responsable dans la société aussi bien dans le domaine économique que social. Sa fonction de géniteur et donc de renouvellement des générations peut plus facilement s’exercer s’il dispose des moyens financiers suffisants pour fonder une famille et avoir des enfants. Sa participation à des activités bénévoles et à la vie sociale contribue au bon fonctionnement de la société. Alors qu’un chômeur déprimé affaiblit l’entourage par son rayonnement dépressif, un travailleur renforce la cohésion sociale par l’équilibre que lui apporte son rôle utile dans la société. Sa vie extraprofessionnelle participe à la bonne marche du pays. De plus, le travailleur devient un agent économique qui fait économiser beaucoup d’argent à la société par les dépenses d’assistance, de sécurité et de santé qui sont évitées.
   Il est injuste que la rémunération de la part de la valeur ajoutée sociale du travail soit entièrement à la charge de l’entreprise qui emploie le travailleur. En effet, cette valeur ajoutée ne profite pas directement à l’entreprise. Au contraire, c’est elle qui la produit au profit de la société. Il appartient donc à la société de répartir cette charge sur l’ensemble des personnes physiques et morales imposables en la fiscalisant.
   Cette participation nationale versée non pas à travers le jeu boursier aléatoire, mais d’une façon mécanique, notamment à tous les travailleurs en complément d’un salaire réduit, abaisserait le coût du travail au niveau des entreprises.
   Cette participation, loin d’être révolutionnaire, ne serait qu’une rationalisation d’un système compliqué de rémunération par assistance. Le RMI, les allocations chômages et toutes les aides résultant d’une politique sociale empirique contribuent à une meilleure répartition de la richesse nationale. En revanche, ce mode de rémunération par assistance produit des effets pervers dont les conséquences sont incontrôlables.
   Le coût du travail élevé a pour corollaire un chômage élevé. Les petites et moyennes entreprises ont rarement la trésorerie suffisante pour risquer d’embaucher du personnel en vue de leur développement. Le temps très coûteux souvent de plusieurs mois pour confirmer une qualification  rend l’investissement trop aléatoire. Le coût du travail élevé freine la croissance des entreprises qui par leur prudence à l’embauche renforce le chômage. De plus, la difficulté d’amortir des embauches à faible productivité, conduit les entreprises à se passer de personnels peu formés mais coûteux qui constituent des chômeurs sans espoir de travail.
   Le plein emploi  exige des salaires peu élevés tandis qu’une activité économique dynamique a besoin d’un niveau de consommation des ménages suffisant que la redistribution des dividendes nationaux en complément de salaire peut assurer. Ainsi, la majeure partie de l’argent de l’assistance serait ainsi employée à réduire le coût du travail pour les entreprises plutôt que de participer à la survie de chômeurs inactifs.
   Avec cette redéfinition de la rémunération, le gouvernement se trouverait à son poste de commande disposerait de deux manettes aux fonctions biens définies.
   La fixation du salaire minimum agirait sur le niveau de l’emploi.
   La fixation du complément de salaire agirait sur le niveau de l’inflation.
   Avec la perception d’un profit partagé, la réussite de l’économie du pays ne réjouirait plus seulement les actionnaires. Les salariés en participant au profit global de l’économie du pays comprendraient mieux et accepteraient plus facilement les stratégies de redéploiement des groupes industriels.

Publié dans L'avenir

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