100 - L’image de dieu

Publié le par Ya Santal

DSC01123.jpg   Les religions puisent leur origine dans l’incompréhension et l’angoisse de la mort. Elles répondent à l’aspiration d’une appréhension rationalisée de l’univers. Ces réponses fantasmatiques sont une thérapie à la souffrance et à la dépression, par l’espérance d’un destin et l’apaisement intellectuels qu’elles offrent.
   Seule l’espèce humaine dotée de cerveaux développés ressent l’immense solitude dans laquelle la plonge son incompréhension de l’existence.
   Sans vouloir prendre parti sur l’existence même  de Dieu, on peut dire que son image est une invention humaine et celle-ci n’a cessé d’évoluer au cours des âges.
   La représentation du monde dans les croyances religieuses est une projection de la compréhension intuitive de l’univers que suggère l’expérience de la vie courante. Dieu est le plus souvent une extrapolation de la hiérarchie des sociétés humaines. Au-dessus du chef de la tribu, il y a le super chef divin. L’image des dieux a toujours été le reflet direct du rapport qu’entretenaient les hommes entre eux.
   Dans une société violente fonctionnant dans le rapport de force, Dieu est perçu comme un être dur, un juge impitoyable, voire sanguinaire. Au contraire, lorsque le rapport d’intérêt prévaut et que la solidarité, la compassion et l’entraide animent l’individu, l’image divine s’adoucit. Elle se transforme en une puissance protectrice, toute de bonté.
   Il est probable qu’avec l’avènement de la Culture de la vie, l’image de Dieu se confondra avec son œuvre. Elle sera alors perçue dans toute sa beauté et sa rigueur. La soumission aux lois de la nature rejettera au musée de l’histoire les lois surnaturelles. L’homme recherchera l’échange total avec Dieu, non plus par le biais du surnaturel, mais à travers l’œuvre dont il est le fruit.

Publié dans L'avenir

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