104 - Déclin occidental, décadence musulmane

Publié le par Ya Santal


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moment où la science triomphe et chaque jour élargit le territoire de la connaissance, l’espace de liberté des citoyens s’étend vers la barbarie. S’il n’y a pas de relation directe de cause à effet, toutefois, la conjugaison des miracles de la science et de ceux de l’économie libérale semble avoir un effet émollient sur notre élite intellectuelle laïque. Leurs discours pourrait expliquer le déclin que nous observons. L’implacable domination du concept de liberté dans l’idéologie libérale les enferme dans un carcan de pensée unique. Cette prison les rend incapables de s’élever au-dessus des penseurs du passé. On les retrouve aujourd’hui crispés sur la conviction que la morale est subjective ce qui interdit  son enseignement dans les établissements publics au nom de la liberté de conscience. L’adhésion à cette conception les désigne comme les premiers responsables des conséquences catastrophiques que cette erreur risque d’entraîner.
   Faute d’un enseignement volontaire, comme l’a pu être celui de l’écriture et du calcul pour tous à l’époque de Jules Ferry, la transmission des valeurs perdure hors des institutions publiques en s’effritant toujours davantage. L’enseignement religieux est le seul canal actif de transmission des valeurs. Malheureusement, il perpétue des systèmes de valeur empiriques et parfois en opposition aux valeurs de la république. La tradition familiale reste un vecteur important de transmission bien qu’elle ait totalement disparu dans bons nombres de familles. De toute façon, elle est limitée par l’environnement. Par les médias, les valeurs de la morale de l’argent imprègnent insidieusement les mentalités des enfants.
   Ainsi, ce qui constitue le précieux fondement des civilisations est abandonné à des initiatives privées empiriques ou hégémoniques. Les grandes civilisations se sont fondées sur des systèmes de valeurs rendus cohérents par les projets qui les ont définis. Ces projets, dans la bouche des responsables, n’existent plus que dans leurs discours humanistes. L’incohérence des valeurs vécues déstructure notre civilisation et la conduit vers le déclin. La richesse voile la dangereuse la réalité qui se profile devant nous. Le confort qu’elle nous offre et la lutte pour son partage nous distrait d’une vision objective  de notre avenir si incertain.
   Les sociétés industrielles déclinent. On peut mesurer ce déclin au bonheur des populations. Qu’elles soient riches ou pauvres, leur bonheur se fait rare.  Il n’est pas la source d’énergie qui fait vivre. La survie pour les plus pauvre, l’ambition professionnelle pour la classe moyenne et l’accumulation pour les plus riches, alimentent une vitalité artificielle qui conduit dans une direction opposée à celle du bonheur.
   Ce déclin par la position dominante du modèle occidental contribue  à la décadence de la culture musulmane. Cette décadence fait courir à la paix mondiale un danger effrayant. Les peuples vivent et travaillent dans l’espoir d‘un meilleur avenir. L’occident après avoir vécu pendant des siècles dans l’espoir que les souffrances d’ici-bas ouvriraient les portes du paradis a mis sa confiance dans la science et l’économie pour apporter un bien être espéré sur cette terre.
   Aujourd’hui, les pays industrialisés déchantent. L’économique libéral apparaît comme un moteur dangereusement polluant et qui répartit mal une richesse qu’il sait si bien produire. La défaillance morale généralisée est probablement la pierre d’achoppement à l’évolution positive de ce moteur. En attendant, les peuples en voie de développement et particulièrement les sociétés musulmanes adoptent une attitude critique à l’égard de la culture occidentale. En l’absence de modèles, les musulmans sont en proie à une crise existentielle dont on ne sait pas vers quelle aventure elle risque de les entraîner.
   La civilisation musulmane à l’instar de celle de la Grèce antique ou romaine, après une période de rayonnement, a décliné pour finalement souffrir des affres de la décadence. Si le déclin est réversible, il en va autrement de la décadence. À l’affaiblissement des valeurs succède leur oubli irrémédiable. Or, les valeurs se définissent par le projet de société. Leur respect donne une cohérence à l’activité des membres. Et c’est cette cohérence qui produit de grandes civilisations. La fin des valeurs signe la fin des projets.  Une société sans projet commun, l’histoire le démontre, finie par s’effondrer.
   Les sociétés musulmanes traversent une phase terrible de leur histoire. Leur culture ne répond plus aux besoins d’adaptation de leur société. Après des décennies d’effort pour connaître la croissance occidentale, les résultats sont décevants. La comparaison avec ceux des pays asiatiques est frappante. La réussite de ces pays bouddhistes qui dépasse même dans certains domaines celle de l’occident est à mettre sur le compte d’une culture ancestrale, vivante qui a conservé sa capacité d’adaptation.
   Les sociétés musulmanes devant leurs difficultés économiques et sociales ne se remettent pas en cause car c’est le propre de la décadence de ne plus avoir les outils culturels pour se remettre en question. De plus, elles sont face à un modèle occidentale encore attractif mais de plus en plus discutable. Le refus de reconnaître leur responsabilité de leurs échecs fait naître un ressentiment envers ceux qui réussissent. Il faut bien un responsable. C’est d’autant plus facile que ce modèle est critiquable. Ce sentiment d’échec est ressenti par tous les musulmans à travers le monde, même chez ceux qui vivent dans les pays développés. Il les unit dans une communauté internationale acrimonieuse qui rejette, dans un sursaut d’une misérable dignité, la société occidentale faute d’être capable de s’en approprier la réussite.
   Comme on ne peut pas vivre sans espoir, ces sociétés cherchent compulsivement des raisons d’espérer. La tentation est grande de se tourner vers le passé. Malheureusement, les modèles glorieux d’une autre époque ont contenu dés l’origine les germes de la décadence. Le Coran, interprété à la lettre, prescrit des mœurs tribals totalement inadaptées à notre environnement moderne. Ce choix conduit à l‘impuissance dont le refus, chez les plus fragiles psychologiquement, leur fait préférer la violence à la paix qu’exige l’intelligence.
   La culture musulmane est malade. Elle est atteinte par le cancer de la violence qui métastase toutes ses communautés à travers le monde. Les attentats se succèdent. Le communautarisme se développe. Dans les pays développés, leur art populaire exprime le rejet et l’hostilité. Dans plusieurs pays musulmans, l’intolérance, la discrimination et même les persécutions poussent à l’émigration de dizaines de milliers de non musulmans. Par ailleurs, la rareté des manifestations populaires pacifiques des citoyens musulmans contre les crimes des fanatiques islamistes, les expose à la suspicion de complicité passive.
   Ces observations devraient conduire la classe politique à réagir avant qu’il ne soit trop tard. L’introduction de l’enseignement de la morale de la vie dans les établissements d’enseignement est probablement l’une des meilleures décisions à prendre pour régénérer dans les diverses cultures, y compris dans la culture occidentale les capacités d’adaptation indispensable à la réussite. Faute de quoi, la cohabitation entre les communautés pourrait de se dégrader au point d’installer la méfiance entre elles. Nous serions alors aux portes d’un conflit fratricide.

Publié dans Opinion d'un moraliste

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Karim 29/01/2015 10:19

Vous vous contredisez, d'un coté vous dites être un homme libre, qui n'appartient à aucune organisation et qui ne se.sent investi d'aucune mission à remplir et d'un autre coté vous dites être convaincu de la nécessité de l' introduction de la laïcité dans l'éducation familiale et dans les programmes de l'enseignement scolaire.

Guy Prouin 03/02/2015 10:14

Je ne me contredit pas. Car il n'y a pas de liberté sans laïcité.

BERNARD 12/01/2009 13:17

Bonjour, Tout à fait d'accord, un article qui correspond à mes points de vue et à mes soucis. Je pense que la dégradation des moeurs et de la morale (à partir de l'école) contribuent à l'écroulement d'une civilisation, voir les grecs puis les romains, pour ne citer qu'eux !Mais je pense aussi que toutes les religions déistes ne tiendront pas le coup devant la science rationnelle. Ce sera une nouvelle forme de naufrage des sociétés (la morale toutefois n'implique pas dêtre religieux). De toute façon, les religions font le malheur des hommes, voir l'actualité mondiale ! Il faudra bien qu'un jour l'homme se prenne en charge lui-même...il est peut-être seul dans l'immensité de l'Univers, comme dirait MONOD !Cordialement