106 – Libre-arbitre et éducation

Publié le par Ya Santal


ans les établissements scolaires de nos sociétés modernes, l’enseignement prépare
les élèves à la vie professionnelle et ne laisse aucune place à l’éducation. La transmission des valeurs qui fondent notre nation est paradoxalement interdite dans les institutions publiques françaises. Pour nombre de nos contemporains, l’éducation morale porterait atteinte à la liberté car le conditionnement serait antinomique au libre-arbitre. La culture morale de l’enfant est donc laissée naïvement vierge jusqu’à la majorité pour que le jeune adulte puisse faire ses choix moraux en toute liberté.
    Cette idée insensée de liberté est le résultat d’une ignorance de la part des adultes qui ont eux-mêmes été victimes d’un manque d’éducation morale. Si la liberté n’est que la possibilité de faire sans contrainte, dans une société civilisée elle est limitée et ne peut exister dans son intégrité. Les milliards de chrétiens, de musulmans ou de bouddhistes dans le monde n’ont pas choisi leur religion. C’est le fait d’une transmission familiale et sociale qui les ont formatés dans une culture qui structure leur société.  Le bon fonctionnement de la vie collective est dû aux règles que les citoyens appliquent par conditionnement. Sans transmission d’un art de vivre la société laisse la place à la sauvagerie.
   Aujourd’hui, le refus intransigeant des syndicats d’introduire l’éducation morale à l’école, abandonne l’enfant à l’influence des médias. Or le projet des médias n’est pas éducatif, il est avant tout de faire de l’audience et de remplir les poches des actionnaires. Ce sont les valeurs de la culture de l’argent que leur contenu transmet. Il en résulte un conditionnement d’autant plus efficace que le terrain éducatif est laissé vierge par une génération d’adultes irresponsables faute elle-même d’avoir été éduqué.
   La crainte de voir dans le conditionnement éducatif un obstacle à la liberté et à l’évolution de la société n’est pas fondé. En effet, le libre-arbitre des adultes est justement le produit  de ce conditionnement éducatif qui permet l’autocritique et la prise de décision en faveur d’une éducation qui doit évoluer avec son temps. Par leurs choix raisonnés, Les adultes adaptent l’application des valeurs et font ainsi évoluer lentement la société de génération en génération. Au contraire, sans éducation, l’adulte perd son libre-arbitre. Il est le jouet de toutes les influences. Loin de gagner en liberté, il devient un mouton heureux, ignorant la manipulation dont il est l’objet.

Publié dans Opinion d'un moraliste

Commenter cet article

fab 09/11/2010 13:38



La morale, réponse à la barbarie? J'ai un doute. Nos arrières grands-parents et grands grands parents étaient issus d'une école où la morale avait la place d'honneur sur les murs des salles
de classe; ça ne les a pas empêchés de s'étriper dans le dernier degré de la sauvagerie lors des deux dernières guerres mondiales.



Guy PROUIN 13/11/2010 05:54




Nos arrières grands-parents et grands-parents ont été attaqués et se sont défendu avec les moyens de l’époque, souvent au corps à corps. On ne peut leur
incomber la responsabilité de la barbarie qui en a résulté. Cet argument pourrait laisser penser que nos voisins Allemands auraient été des sauvages sans aucune éducation morale civile ou
religieuse. Ce qui évidemment n’a jamais été le cas. Si l’origine des comportements est à chercher dans l’éducation morale, alors, il faut admettre que les morales de l’époque, et parmi elles la
morale chrétienne, ne respectait pas suffisamment la vie. Rappelons-nous, l’église n’a pas toujours été opposée à la peine de mort.


Deux exemples pour croire à l’efficacité de la morale :


On observe des différences importantes dans les comportements des jeunes quel que soit leur statut social selon qu’ils ont bénéficié ou non d’une solide
éducation morale.


À l’échelle des nations, on remarque là aussi de grandes différences de comportement quand on compare les membres des cultures bouddhistes et musulmanes. On
constate que les bouddhistes sont plus adaptables et moins conquérants par la force que les musulmans. Or, ces deux cultures ont maintenu une éducation traditionnelle très active. Cela conforte,
je crois, l’idée de l’influence essentielle de l’éducation morale.