107 – Créationnisme et déclin

Publié le par Ya Santal


’un des signes du déclin est certainement la perte du sens moral chez les adultes chargés de l’éducation. Ils semblent vivre la morale républicaine, expression de la morale de la vie, comme une tradition dont ils perpétuent les comportements comme autant de réflexes conditionnés. En oubliant le sens de cette tradition, ils sont naturellement désarmés face aux attaques de nature intellectuelles qui s’opposent à leurs valeurs.
   La république est un instrument politique au service de la morale de la vie. Elle organise la société en vue de protéger chaque citoyen. Elle fonde ses principes sur la laïcité et la rigueur de la science. Le rôle de l’éducation nationale est de les transmettre. Si ces principes sont oubliés ou qu’ils ne sont plus perçus dans toute leur importance par les enseignants, leur transmission devient aléatoire. Ils ne sont plus les remparts sensés contenir toutes les dérives. On comprend, dès lors, le désarroi des professeurs des sciences de la vie et de la terre quand ils sont confrontés hier au port du voile et aujourd’hui aux arguments des élèves créationnistes. Comment leur opposer les principes qui fondent l’école républicaine quand ils sont oubliés.
   Alors que partout dans le monde, la recrudescence pathétique du sentiment politico-religieux favorise le prosélytisme forcené des sectes et des religions de toutes sortes, les laïcs encaissent passivement ces assauts comme une fatalité. Si la république, support de la morale de la vie, n’est pas défendue avec rigueur et obstination par ses institutions qui la défendra ?
   Le déclin commence avec la perte des valeurs et se traduit par une déficience  des capacités d’adaptation.
   La France semble déjà lourdement handicapée quand elle doit se réformer pour s’adapter.

Publié dans Opinion d'un moraliste

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