109 - Pape, Préservatif et Sida

Publié le par Ya Santal


vec ses déclarations sur le préservatif, le Pape rejoint un courant intégriste qui exerce une séduction inquiétante sur tous les continents. Le pape a déclaré que le meilleur rempart contre le sida était la fidélité ce qui, en théorie, n’est pas faux. Mais en déclarant que le préservatif ne réduit pas la contamination et représente même un facteur aggravant au prétexte que la diminution du risque est une invitation à l’infidélité, le Pape se range dans le camp des fanatiques. L’inversion dans l’ordre des valeurs du principe du respect de la vie et de la protection concrète de la vie revient à préférer le respect des principes à celui de la vie. Le mépris de la vie au nom des principes est la marque du fanatisme.
   Toutefois cette stratégie de racolage peut néanmoins contribuer à renforcer l’église.
   Sous les nuages sombres qui s’accumulent sur le monde où la permissivité est de moins en moins perçue comme une voie de salut, les individus sont en quête de référence. Par réaction au flou de la permissivité, et faute de choix, ils se tournent vers des interdits concrets et précis. Ce revirement résulte d’un sentiment d’insécurité insupportable infantilisant les plus faibles. Cet effroi entraîne bons nombres d’entre eux vers  une régression en souvenir d’une autorité paternelle protectrice.
    Ce courant régressif est général. Le succès du prosélytisme des sectes américaines, de Falun Gong en Chine et des intégristes chrétiens en est la preuve. L’islamisme intégriste, malgré l’horreur des crimes de sang de ses membres, exerce aussi une fascination inquiétante chez les musulmans dit modérés. Des mosquées se multiplient dans les appartements d’HLM tandis que des iman barbus  parcourent les cités. L’absence de réaction massive de la part des musulmans modérés contre l’islamisme peut suggérer l’existence d’une complicité passive. Le Pape probablement joue gagnant en tant que leader religieux. En revanche, il mine le travail d’assainissement de l’église entreprise par tous les Abbés Pierre et autres sœurs Térésa qui ont recentré la doctrine catholique vers l’amour du prochain par la préservation de sa vie.
   Il n’y a pas d’effet sans causes. On peut trouver à ce regain de fanatisme différentes origines. La plus importante est certainement le vide moral de la société laïque. La nature a horreur du vide. Les morales qui répondent à un besoin du moment ne tardent pas à combler l’espace culturel abandonné par un courant laïque irresponsable. Décréter une fois pour toute que la morale est subjective et ne peut être enseignée revient à s’arque bouter dans une posture fanatique des dangereuse. Le refus des laïques d’enseigner la morale de la vie dans les institutions publiques revient à sectionner les racines de notre culture humaniste. Si la prise de conscience n’intervient pas à temps, le déclin réversible que l’on observe conduira à la décadence irréversible.

Publié dans Opinion d'un moraliste

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