111 - Orelsan : "Sale pute ?"

Publié le par Ya Santal

  
a déprogrammation du chanteur Orelsan a été, comme en son temps le cas du port du voile islamique, l'occasion de découvrir l'incohérence idéologique et morale de la vie publique et politique française.
   Dés qu'un citoyen veut se faire remarquer, la provocation est aujourd’hui un moyen très efficace. La panique qu’elle entraîne et le cafouillage des interventions braquent durablement les projecteurs de l’actualité sur l’auteur en mal de reconnaissance.
   Quelles sont les conclusions à tirer de cette affaire ?
   Tout d’abord, la possibilité qu’un artiste ose se fourvoyer dans une telle obscénité avec les paroles d’une chanson nous informe sur le niveau du sens moral de la société.
   Rappelons ce que l’on entend par  «sens moral».
Le sens moral comme le sens artistique se manifeste chez la personne par une émotion amoureuse qui procure un immense plaisir face à l’objet aimé. Ainsi, la personne qui possède un sens esthétique se réjouit à la vue du beau tel qu’il l’a appris. Il éprouve le besoin d’encourager les actions d’embellissement. De même, le sens moral qui procède de l’amour de la vie humaine suscite du bonheur au contact de la vie épanouie, respectée et protégée. Au contraire, il provoque un malaise profond à tout ce qui évoque sa destruction. La chanson « Sale pute » répugne au plus profond d’eux-mêmes ceux qui ont la chance d’avoir pu développer  leur sens moral. Que ce genre de texte puisse se diffuser sous prétexte d’un second degré, cela reflète un grand flou du sens moral général.
Par ailleurs, cette affaire pose la question de la censure que suggère la déprogrammation. Les opposants à cette décision avance l’argument qu’il est inhumain de condamner à vie, pour une simple faute, quelqu’un qui, par ailleurs, à fait amende honorable en supprimant la chanson délictueuse de son répertoire. Sur ce point, on leur donne raison.
   En revanche, inviter un artiste qui s’est fait connaître par une provocation scandaleuse, c’est inviter d’autres artistes à suivre le même chemin puisque ce choix s’avérerait efficace. La promotion de ce modèle de réussite n’est pas sans danger. La provocation pour être percutant doit pousser toujours plus loin son esprit sacrilège. Après les « nique ta mère » et les « avorter à l’opinel » jusqu’où iront les prochains provocateurs ? Auparavant certains artistes, pour se faire remarquer, « faisait la pute » en montrant leur cul, aujourd’hui, ils piétinent les fondamentaux de la société. Cette tendance fait prendre le risque que la permissivité nous habitue à l’inacceptable.
   Dans une société qui refuse l’éducation au sens moral, il n’existe pas d’autres moyens pour éviter les dérives dangereuses que de brandir les sanctions. Ce chanteur espérait doubler la file des artistes en quête de succès en trichant par une provocation répugnante. Il est sain que ce modèle de réussite ne soit pas exemplaire. Orelsan a commis une faute grave. Il est juste qu’il reprenne sa place dans la file des artistes et qu’il prouve son talent en se passant des scènes publiques subventionnées pendant quelque temps.

Publié dans Opinion d'un moraliste

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