HUMANISME ET DECLIN RELIGIEUX

Publié le par Guy PROUIN

 01044-L--copie-3.jpg a comparaison de la vitalité des religions entre elles et de leurs qualités humanistes est paradoxale. La proximité des qualités religieuses avec les droits de l'homme semble nuire aux religions. On observe un mouvement de désaffectation d'autant plus marqué que la religion est plus humaniste. L’évolution de la foi catholique vers un rapprochement de son fondement avec celui de la laïcité expliquerait paradoxalement la réduction de ses fidèles.

    La foi religieuse définit le bien et le mal à travers des comportements contraignants que le fidèle doit respecter. Elle donne à ces conduites une valeur contraignante quasi-fanatique excluant tout esprit critique. Cette absence de distanciation est d’autant plus réelle que le niveau culturel du fidèle sera faible. Au contraire, avec les fidèles ayant fait des études, l’emprise de la raison leur donne le pouvoir de juger ces contraintes morales religieuses afin d’en apprécier leur légitimité avec des arguments rationnels. La posture rationaliste de ces fidèles explique la désaffectation de l'église catholique observée depuis quelques décennies.

    L'église catholique après une histoire pleine de trahisons des évangiles, a épuré son enseignement en retrouvant le fondement originel de sa foi qui est l'amour du prochain. Il est vrai que cette évolution est plus évidente chez les fidèles qu’au sommet de la hiérarchie. L'abbé Pierre et sœur Térésa pour ne citer qu'eux, sont des exemples contemporains, qui, par leur comportement protecteur envers la vie humaine, exprime le vrai niveau humaniste actuel de leur religion. Paradoxalement, face à cette évolution positive, les églises, au lieu d'attirer une foule de nouveaux croyants, se voient désertés, au contraire des mosquées et des temples où sévissent les religions et les sectes américaines. L'enseignement forcené de ces religions n'explique pas entièrement leur succès. La religion catholique en recentrant le fondement de sa foi sur l'amour du prochain a permis aux fidèles européens éduqués d'éliminer de leur foi tous les ingrédients mystiques irrationnels inutiles à la doctrine de l'amour du prochain et à son application. De nombreux fidèles délaissent ainsi naturellement la pratique religieuse au profit d'une laïcité humaniste épurée. En revanche, l'expansion des religions musulmanes et des sectes américaines tient à l'ancrage des adhésions par la foi du charbonnier. L'inculture dont souffre une partie des peuples africains et américains crée un terreau favorable à l'assimilation d'une éducation obscurantiste précoce. Or la foi est essentiellement le fruit d'un conditionnement par l'éducation qui, le plus souvent, formate l’individu pour le restant de sa vie. Le conditionnement à la foi comme base de l'éducation relève de méthodes courantes dans les cultures sous-développées.

La désaffectation de l'église catholique serait plutôt un bon signe concernant une population plus mature pour laquelle la raison prendrait le pas sur l'irrationnel. Toutefois, cet optimisme doit être pondéré du fait de l'interdiction d'éduquer dans les institutions publiques, dans certains pays dont la France. L'absence d'éducation à la morale de la vie qui est la morale de la laïcité, fait reposer les comportements sur une tradition déclinante. Le fondement de la culture s’étiole dans la pratique, risquant d’entraîner le déclin de la société. Les effets de ce déclin sont déjà perceptibles. Alors que la population est prête à adhérer à une morale laïque universelle, faute d’éducation, elle est abandonnée aux influences perverses de la morale de l'argent et aux sirènes de la superstition. L’amoralité devient un standard de vie. La laïcité, en position de faiblesse, recule devant le prosélytisme des croyants conquérants. Il en résulte une frayeur des cultures religieuses exotiques, qui finit par alimenter la discrimination.  Plutôt que de porter l’effort vers la construction d’un modèle culturel laïque séduisant par une éducation nationale, les Français accusent les membres de ces cultures régressives d’un prosélytisme dont ils refusent le zèle pour eux-même.

Publié dans Opinion d'un moraliste

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