MORALE LAÏQUE en 9 leçons. 5ème leçon : LE PLAISIR (4mn)

Publié le par Guy PROUIN

 

   

  Nous connaissons maintenant l’origine du bien et du mal. Nous savons faire la différence entre la morale et l’éthique

Nous avons mis en évidence l’importance de l'autonomie relative et de la confiance dans la productivité des échanges. Il nous faut maintenant découvrir la source d’énergie capable d’alimenter le flux de ces échanges.

L’observation des êtres vivants nous éclaire sur l’importance du plaisir dans la motivation pour agir. Un plaisir qui peut, très bien, être obtenu en passant par une phase de souffrance en vue d’une satisfaction ultérieure. Le plaisir, chez l’animal, apparaît comme une manifestation de l’instinct de conservation dont la fonction est de protéger sa vie par la satisfaction des besoins. Le plaisir pousse à l’action par la mobilisation de l’énergie nécessaire à sa satisfaction.

Du fait de sa double nature, biologique et culturelle, l’homme éprouve deux types de plaisir : ceux qui naissent de la satisfaction des besoins naturels engendrés par la biologie et ceux qui sont éprouvés par les échanges culturels.

Dans les deux cas, le plaisir est la motivation qui va produire l’énergie pour réaliser les échanges.

Quand le plaisir est l’ultime projet, autrement dit, que l’on adhère à la morale hédoniste, c à dire que l’on ne vit que pour le plaisir, la vie n’est plus protégée et le plaisir détruit la vie. La morale laïque n’est pas hédoniste. Elle considère le plaisir, non, comme un but, mais comme un instrument de protection de la vie. Dans cette fonction protectrice, le plaisir est une valeur morale.

     Les activités de la vie quotidienne peuvent s’alimenter avec une énergie produite par le plaisir. Mais il arrive souvent que pour atteindre un objectif, il faille user d’une énergie extraite dans la souffrance. Dans cette situation, il est important de trouver un remède pour remplacer la souffrance par le plaisir. En effet, la souffrance agit comme un frein au moment où la volonté use son énergie pour avancer. Le plaisir, au contraire, génère de l’énergie quand la souffrance l’épuise. Lorsque les enseignants, les entrepreneurs et tous les hommes de pouvoir oublient les vertus du plaisir dans l’action, ils abaissent le niveau de productivité de ceux qui sont sous leur autorité.

En revanche, la souffrance s’élève au niveau d’une valeur morale quand ses conséquences protègent la vie. La souffrance doit être accepté pour pallier une inefficacité ponctuelle du plaisir. La volonté est alors appelée à la rescousse pour accomplir les efforts et les sacrifices que la protection de la vie exige.

 Aussi, quand on a le choix, la voie du plaisir vers un projet est moralement supérieure à celle de la souffrance dont la  productivité est généralement plus faible.

L’éducation à la souffrance et au plaisir protecteurs élargit notre liberté dans l’action.  Elle invite à préférer pour soi et pour autrui la voie du plaisir quand le choix est possible. Dans le cas contraire, l’éducation nous apprend à accepter la souffrance de l’effort. Trop souvent aujourd’hui on imagine que la réussite d’un projet est mieux assurée dans la souffrance. La culture judéo-chrétienne n’y est pas pour rien.

Au cours de la prochaine leçon nous montrerons que la morale laïque est une morale sociale et que des morales trop différentes dans une société, créent des communautés qui engendrent des frictions entre elles.


En attendant, mobilisez vous pour que la morale laïque devienne la norme morale dans l’éducation. Soyez heureux car c’est bon pour la santé.

 

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