MORALE LAÏQUE en 9 leçons. 9ème leçon : LE DÉCLIN DES CIVILISATIONS (10mn)

Publié le par Guy PROUIN

 


 

     Nous avons vu dans notre dernière leçon l’importance de l’enseignement de la morale laïque associé à son éducation. Dans cette dernière leçon nous allons découvrir l’effet dévastateur de la perte des valeurs pour l’avenir d’une société.

Les civilisations passent et les peuples restent. Mais les peuples issues de civilisations perdues traversent généralement une longue traversée du désert avant de revivre dans le bonheur d’une culture ou d’une civilisation épanouie. La fin des civilisations ou des cultures, est toujours la conséquence de la fin d’une transmission  d’un système de valeur. Cette perte de valeurs peut avoir de nombreuses origines.

La domination étrangère par la guerre est la principale cause de l’effondrement des civilisations ou des cultures. Ce fut vrai pour les civilisations  grecque, romaine, maya, musulmane et aujourd’hui, probablement aussi pour la culture Tibétaine écrasée par la chine. Le climat changeant, en affamant les peuples et en détruisant leur économie a conduit à la disparition de certaines civilisations. En réalité, les guerres et les variations climatiques ne sont que des facteurs déclencheurs de la fin des cultures ou des civilisations. Si celles-ci n’étaient pas fragilisées par un défaut d’éducation, une déficience de la transmission des valeurs résultat d’un oubli de l’ultime projet commun à la société, ces cultures et ces civilisations perdureraient au-delà des tribulations qu’elles subissent. En effet, il existe des exemples de cultures persécutées à travers les siècles et qui ont résisté à travers le temps, telle la culture juive, ou en d’autres temps, la culture religieuse cathare qui a su résister pendant des années à l’inquisition et aux troupes royales pour finalement disparaître après le génocide de leurs membres.

Une culture ou une civilisation disparaît lorsque l’ultime projet qui détermine les valeurs morales est oublié par la population. Faute d’éducation, la perception de l’ultime projet s’émousse. Bientôt, l’individu  est la proie des multiples conditionnements qu’exerce sur lui l’environnement.

Il ne conserve que la tradition des comportements en oubliant leur sens. Les comportements se sclérosent et sont de plus en plus inadaptés à l’évolution de la société. Ils finissent pat tomber en désuétude. C’est ainsi qu’une culture ou une civilisation disparaît. Cette dégénérescence des valeurs s’observe partout dans le monde aujourd’hui. En Asie, la pratique bouddhiste vire à des cultes purement superstitieux.

On l’observe aussi, d’une façon plus remarquable encore quand on étudie l’histoire de la civilisation musulmane. Elle est un exemple de déclin dû aux décisions de chefs religieux d’enfermer la pratique religieuse dans le dogmatisme des écritures. Certes la chute de cette civilisation a été précipitée par des guerres, mais le dogmatisme, c’est à dire, la préférence de la forme au fond, a précipité un déclin qui se poursuit depuis près de 1000 ans. Le résultat de ce déclin est consternant. Aujourd’hui, pratiquement, aucun peuple musulman ne parvient à s’adapter à l’évolution du monde, parce qu’ils sont dépourvus d’outils culturels efficaces du fait de la perte du sens  de leur morale. Cette perte du sens morale sur une si longue période se traduit à la marge par une décadence qui se manifeste par le goût de la destruction et de la violence.

Cette dégénérescence n’est pas toujours le fait d’une violence dominatrice. On observe aujourd’hui qu’elle peut se produire à la suite de la séduction d’une culture voisine. Ainsi, la culture américaine a imposé sa culture de l’argent et de la morale qui la structure par la séduction de sa réussite dans la création de richesse. Malheureusement, la morale de l’argent dont l’ultime projet n’est que l’accumulation infini de la richesse en s’imposant face à toutes les autres morales détourne l’action des hommes de la protection des individus et de son espèce.

Les crises que nous connaissons aujourd’hui sont les signes avant-coureurs de la faillite de la morale de l’argent et de la culture qu’elle a créé.

(Nous analyserons dans d’autres leçons la morale de l’argent).

Que ce soit par les invasions, le dogmatisme ou la séduction du vau d’or, le résultat est le même. L’ultime projet est oublié et avec lui, les valeurs de la morale qui en découlent. Faute de gouvernail, la société part à la dérive et se dissout dans des cultures inquiétantes.

La France est malheureusement un exemple de ces pays à la dérive. La France est en déclin. On peut parler de déclin car l’origine du déclin est objective. Il se détermine et se mesure par la faculté des peuples à s’adapter. Les biologiste vous le diront : les organismes vivants qui ne s’adaptent pas,  dépérissent et disparaissent. Les Français faute d’éducation ont perdu leur capacité d’adaptation. Ils refusent systématiquement les réformes qui permettraient à leur pays de s’en sortir. La France est une des dix premières puissances du monde et ce n’est donc pas faute de moyen qu’elle s’enfonce dans l’échec.

L’adaptation est une capacité qui s’apprend. Elle est le résultat d’un certain nombre de qualités transmises par l’éducation et l’enseignement.

En France, on considère que l’éducation est une affaire privée. Ainsi, seule les familles bénéficiant d’une bonne tradition morale transmettent cette culture à leurs enfants. Ces familles sont de plus en plus rares. Bons nombres de parents fautes de temps et surtout fautes d’avoir eux-mêmes été éduqué ne transmettent pas de morale à leurs enfants.

La faute en en revient à une élite intellectuelle qui a décrété que la morale était subjective, ce qui évidemment interdit son enseignement dans les institutions publiques. On constate ainsi un effritement  continu de l’autorité des adultes sur les jeunes générations. Les valeurs manquent de visibilité. L’autorité incapable d’être l’affirmation  de certitudes éthiques est battue en brèche par la revendication de la liberté par des jeunes exacerbés par l’idéologie libérale sauvage.

Les adultes sont tiraillés entre l’intuition de la nécessité de faire respecter certaines valeurs traditionnelles et la permissivité que suggère la notion actuelle de la liberté. La définition de cette valeur fondamentale qu’est la liberté, absente du contenu de l’enseignement et de l’éducation s’impose par la seule pratique coutumière d’une culture modélisée par la morale de l’argent.

La perception empirique des valeurs traditionnelles face à la rationalité des valeurs libérales, jette le trouble dans l’esprit des adultes, fragilise leur conviction, ce qui contrarie leur désir d’avoir des comportements d’autorité clairs.

De leur côté, faute de reconnaissance de leur statut d’élève à initier, les jeunes profitent du désarroi des adultes pour affirmer leur propre autorité. Une affirmation d’autant plus aisée qu’elle est soutenue par la publicité qui les valorise aux dépens des adultes. L’enfant est ainsi utilisé par la publicité comme cheval de Troie dans la famille. En sapant l’autorité parentale, la publicité s’allie avec les jeunes au détriment de parents.

Les jeunes, avides de reconnaissance, jouent avec les seules règles de vie qu’on leur propose, celles des médias. La valorisation par l’argent entretient un conformisme qui est un obstacle supplémentaire et difficilement surmontable par l’autorité des parents et des éducateurs.

Le déclin de l’autorité des adultes provoque un désordre et une instabilité des sociétés. Il développe un sentiment d’insécurité qui prépare le terrain à un retour à un ordre moral obscurantiste. Et cela est d’autan plus vrai que le prosélytisme des religions aux morales puritaines et des sectes américaines contraste avec la passivité éducative des laïques. Elles sont prêtes à remplir le vide laissé par l’inconscience des laïques irresponsables en matière d’éducation. Faute d’éducation, la morale de l’argent et les morales religieuses empiriques et fanatiques se partagent les futurs adeptes. L’absence d’éducation laïque nationale prive la population et en particulier les enfants défavorisés et les immigrés, d’une formation civilisatrice. Avec un peuple sauvageon, la France est devenu ingouvernable. L’ETAT, en laissant aux religions le monopole de son enseignement, sape le fondement de la république qui est la laïcité, ouvre la porte aux guerres de religion. Si la morale laïque n’est pas réhabilitée, le déclin de la France sera inexorable.

Au cours de ces 9 leçons nous avons esquissée en quelques traits la théorie de la morale de la vie. Elle est laïque par sa neutralité vis-à-vis des croyances. Elle ne s’oppose à aucun comportement religieux pourvu que la morale qui les prescrit inclue, sans contradiction, les valeurs de la morale de la vie. Elle apparaît suffisamment rationnelle et universelle pour être enseigné au sein des institutions publiques. Elle est la plateforme universelle et unique sur laquelle une infinité de cultures peut s’épanouir.

 

Maintenant, que vous savez, vous devenez ainsi responsable de notre avenir. Où que vous soyez,  quel que soit votre niveau dans la hiérarchie de la société, agissez auprès des personnages influents pour réintroduire la morale laïque dans notre culture par l’éducation et son enseignement.

 

A bientôt pour de prochaines leçons sur la morale.

En attendant, mobilisez vous pour que la morale laïque devienne la norme morale dans l’éducation.

Soyez heureux car c’est bon pour la santé.

 

 

Commenter cet article

SCHEYDECKER 26/07/2017 17:35

Article intéressant : j'ajouterais que je suis pour l'interdiction du port de la kipa, du voile, de la croix et de la djellaba dans l'espace public.