29 – L’individualisme dans la culture de l’argent

Publié le par Ya Santal

   L’appât du gain dans la culture de l’argent est une quête individuelle. Cet individualisme fait de chaque individu un adversaire solitaire entraîné dans une compétition permanente qui s’oppose à la solidarité.
 L’obligation pour l’individu de vivre alternativement deux attitudes contradictoires que sont l’individualisme pendant le temps de travail et la solidarité pendant le temps libre crée une situation morale conflictuelle. Pour éliminer le sentiment désagréable qui en résulte, l’individu a tendance à évacuer la contradiction en privilégiant l’une des deux attitudes.
  En l’absence d’une éducation morale maîtrisée, le champ de la morale, sous l’influence de l’environnement économique, est naturellement investi par les valeurs de la morale de l’argent. La culture ambiante conduit insidieusement l’individu à accepter l’individualisme comme la normalité.
La culture de l’argent en favorisant l’individualisme s’oppose à la Culture de la vie.
  L’individualisme est une autonomie excessive. Il conduit à poursuivre une réussite exclusivement individuelle aux dépens de celle des autres. La restriction des échanges de l’individualisme s’oppose à la relativité de l’autonomie qui au contraire les amplifie en les étendant à l’ensemble de la communauté.
  Ainsi une découverte a plus de chance de trouver des débouchées pratiques et utiles si elle est partagée avec d’autres chercheurs. Le goût du partage a un effet multiplicateur des échanges épanouissant tandis qu’au contraire l’individualisme a un effet réducteur.
  L’individualisme vanté par la culture de l’argent conduit à l’émergence d’une aristocratie de débrouillards plus ou moins scrupuleux. Certes, leur modèle nourrit l’espérance des pauvres d’un avenir individuel meilleur. Mais il réduit l’efficacité collective, augmente l’injustice, les écarts de richesse et la violence des désespérés.
  L’individualisme contribue à créer une culture de la solitude.

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